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Dispenses de mariage de Landry

 

Source: Dispenses de mariages à Chebourg par Michèle Godret sur le site Migrations à http://www.migrations.fr/acadiencherbourgdispmariage.htm

Monsieur LE TEROÜILLY, prêtre, licencié ès Lois et doyen de la Hague, est curé de Cherbourg pendant toute cette période. Monseigneur Jacques LEFEBVRE DUQUESNOY est Evêque du diocèse de Coutances, qui comprend Cherbourg.

#130

Jean GRANGER et Anne LANDRY


Le 25 Mars 1763, Jean GRANGER et Anne LANDRY, tous deux originaires de l’Acadie se recherchent depuis plus de quatre ans en vue de mariage sans savoir qu’ils sont parents du trois au quatrième degré de consanguinité. Ils sollicitent une dispense. L’enquête a lieu le 11 Avril.

Jean GRANGER est fils de feu Pierre et d’Anne BELIVO, originaire de l’Acadie, 25 ans, poissonnier pêcheur, demeurant depuis plus de trois ans à Cherbourg. Il ignorait sa parenté avec Anne LANDRY, « étant dans l’Acadie éloignés d’environ quarante lieües », sinon, il ne l’aurait jamais recherchée. Il pense qu’il est «sur le point de repasser dans les Isles » et, outre l’affection qu’il a pour Anne, il pense qu’une cherbourgeoise refusera de partir avec lui. Il marque.

Anne LANDRY, est fille de feu René et de Denyse Marie Josèphe DENTREMONT, domiciliée à Cherbourg depuis plus de trois ans, occupée au ménage chez sa mère. Elle fréquentait déjà le suppliant avant leur débarquement en France et elle lui a donné sa parole sans savoir qu’ils étaient parents. Elle n’a jamais été mariée et si on lui refuse ce mariage elle n’a aucune chance de trouver un établissement aussi convenable. Elle marque.

                                       René LANDRY, père commun, d’où :

Marie LANDRY                                                                        Pierre LANDRY, d’où :
x Laurent GRANGER, d’où :
Claude GRANGER, d’où :                                                      René LANDRY, d’où :
                                                                                                   x Denyse Marie Josèphe DENTREMONT,
Pierre GRANGER, d’où :                                                        Anne LANDRY, suppliante.
x Anne BELIVO, d’où :
Jean GRANGER, suppliant.

Premier témoin parent : Jean GRANGER, 22 ans, pêcheur, est parent du suppliant au troisième degré de consanguinité. Il témoigne que les suppliants ont fait connaissance lorsque « la poursuitte des Anglais obligea le suppliant de se retirer dans le lieu où était la ditte suppliante, alors qu’ils étaient auparavant éloignés de trente ou quarante lieües » et que depuis lors il la recherche. Il marque.

Second témoin parent : Joseph LANDRY, pêcheur, 40 ans, dit qu’il est frère de la suppliante. Il témoigne toujours dans le même sens. Il dit que si ce mariage ne peut avoir lieu, la suppliante « sera exposée de ne pas trouver un parti aussy convenable, vu son âge et vu le peu de temps, suivant les apparences, qu’elle a à rester icy, puisqu’on ne fait qu’attendre l’ordre pour que tous les Acadiens s’en retournent dans différentes Isles ». Il marque.

Premier témoin non parent : Joseph BELLEFONTAINE, cy devant dans l’Acadie Major de Milice, 68 ans. Il dit comme les autres. Il signe, assez mal.

Second témoin non parent : Jean VINCENT, pêcheur, 27 ans, Témoigne que l’amitié entre les suppliants a commencé dès que « les ravages des Anglais a obligé le suppliant à quitter sa demeure pour venir habiter dans le lieu où était la suppliante ». Ils risquent « de se trouver dispersés à leur arrivée dans les Isles ». Il marque

#138

Joseph DEMIUS et Anne LANDRY    25 février 1763


Le 15 Mai 1763, «Supplient très humblement Joseph DEMIUS, écuyer, Sr d’Entremont et Anne LANDRY, sa cousine germaine, tous deux originaires de l’Acadie et demeurant de présent à Cherbourg. Et ont l’honneur de représenter à Votre Grandeur que dans la dite Acadie, on ne fait aucune difficulté d’accorder dispense à des cousins germains qui se recherchent pour le mariage ; qu’en conformité et à l’invitation de son frère, de son cousin germain, et de plusieurs autres , qui dans ce cas l’ont obtenu, il aurait, après les avoir connu par luy même les bonnes vies et mœurs de la Delle sa cousine germaine , fait l’honnête recherche d’icelle ainsi que la demande, qui dans son païs auparavant l’arrivée des Anglois, lui fut donnée de l’agrément de toute sa famille. Mais les Ennemis de l’Etat étant survenus peu de tems après, firent échouer leur entreprise; et ne pensèrent pas alors, qu’à se défendre courageusement contre les pressantes sollicitations de ces insulaires, qui faisaient leur possible pour gagner les suppliants et tous leurs parents, au Service de leur Roy et leur faire abandonner leur Ste Religion et la fidélité qu’ils doivent à Sa Majesté très chrétienne leur Légitime Souverain, aux promesses de les établir dans la possession de tous leurs biens, et leur accorder des Employs et Offices digne de leur rang et de leur naissance ! Toutes ces belles promesses ne furent point capables d’esmouvoir ny d’ébranler la constances des suppliants, pour la conservation de leur Ste Religion, pour le maintien de laquelle ils auroient versé, et verseroient encore aujourd’huy jusqu’à la dernière goutte de leur sang ! Les ennemis outrés de leur refus, les firent apporter comme les autres en France, après les avoir pillés généralement de tout, Meubles, Linge, hardes, Argent et Papiers jusqu’à leurs Tiltres de Noblesse dont ils se sont emparés pour se venger du refus des suppliants, lesquels furent débarqués audit Cherbourg, où depuis ce tems ces deux amans se sont toujours maintenus dans une étroite amitié l’un pour l’autre…… »

(Bien qu’un peu long, ce texte me paraît important. Il est un peu arrogant mais on ne peut s’en étonner car il s’agit d’un aristocrate, mais il fait pour une fois mention du prétexte que trouvèrent les Anglais pour justifier la déportation de tout un peuple dans des conditions abominables, c’est à dire le refus des Acadiens de renoncer à la Religion Catholique). L’enquête a lieu le 19 Juin.

Messire Joseph DEMIUS écuyer, Sr d’Entremont, fils de feu Messire Charles DEMIUS, écuyer, Sr d’Entremont et de delle Marguerite LANDRY, originaire de Soubomcoup (Pobomcoup, maintenant Pubnico à l’extrémité sud-ouest de la Nouvelle Ecosse actuelle) Acadie , vivant de la paye du Roy, débarqué il y a trois ans et demi, âgé de 39 ans. Curieusement, pour un écuyer, il ne sait pas signer.

Demoiselle Anne LANDRY comparait. Elle est fille de défunt François LANDRY et de défunte Marie BéLIVEAU et a vingt six ans. elle confirme que le suppliant la recherche depuis cinq ans et qu’elle luy a donné sa parole il y a trois ans et demi. Elle rappelle qu’en Acadie que les dispenses pour consanguinité du deuxième degré sont très couramment accordées et que s’ils étaient restés en Acadie en renonçant à leur religion, il n’y aurait eu aucun problème. Elle marque.

                                                               Pierre LANDRY, père commun, d’où :

Marguerite LANDRY                                                                                                     François LANDRY

x Charles DEMIUS, écuyer, Sr d’Entremont, d’où :                                                   x Marie BéLIVEAU, d’où :

Joseph DEMIUS, écuyer, Sr d’Entremont, suppliant                                                 Anne LANDRY, suppliante.

Premier témoin parent : Messire Pierre DEMIUS, écuyer, Sr d’Entremont, vivant de la paye du Roy, 31 ans, frère du suppliant. Il marque.

Second témoin parent : Jean LANDRY navigateur, 30 ans. Il est le frère de la suppliante et cousin germain du suppliant. Il marque.

Premier témoin non parent : Joseph BELLEFONTAINE, vivant de la paye du Roy, 68 ans. Il signe.

Second parent non parent : Michel BELLEFONTAINE, vivant de la paye du Roy, 29 ans. Il signe.

Tous témoignent dans le même sens. Le frère de Joseph DEMIUS a obtenu la dispense en Acadie et a donc pu épouser sa cousine germaine. De plus, «s’ils ont abandonné tous les biens qu’ils possédaient dans l’Acadie et refusé de se soumettre à la domination des Anglois, ce n’est que dans la crainte qu’on leur fit perdre le libre exercice de leur religion et qu’on les forçât d’apostaser ».

L’autorisation de procéder au mariage est accordée à M Jean LE TEROÜILLY, desservant de l’église Notre Dame de Cherbourg.

Cette famille MIUS d’ENTREMONT était établie en Acadie depuis le 17ème siècle. L’un d’entre eux, Philippe MIUS d’ENTREMONT avait épousé Le 4 Décembre 1707 Thérèse de SAINT CASTIN, fille du baron Jean Vincent de SAINT CASTIN, figure mythique de la conquête des territoires de la Nouvelle France et de sa femme Pidianske (Marie Mathilde), princesse indienne fille de Madokawando, chef suprême des Abenaquis, tribu alliée des colons français, dans leur lutte contre les anglais.

#140

Joseph LANDRY et Magdeleine LANDRY


Le 24 Avril 1771, « Joseph LANDRY, natif de l’Acadie, païs de la nouvelle France, fils de feu François lequel était frère de feu René et Magdeleine LANDRY, aussi de l’Acadie, fille dudit feu René frère de François » étant cousins germains doivent, malgré leur inclinaison mutuelle, solliciter une dispense du deux au deuxième degré de consanguinité. Les suppliants font remarquer que « quel que proximité qu’il y ait entre eux et tous ceux de leur païs ils n’ont dans aucune circonstance été obligés, Monseigneur, de s’adresser au Pape, parce que dans l’Acadie leur Evêque dispensait d’un pareil empêchement ce que n’étant pas Européens, ni régnicoles (qui habitent le pays où ils sont nés, auquel ils appartiennent, par opposition aux étrangers-définition LAROUSSE)(habitant naturel d’un royaume, étranger naturalisé-Dictionnaire Français-BOISTE-1832), les Banquiers de France n’ont point pouvoir d’exploiter pour eux » .

La même dispense a été accordée « par votre Illustrissime prédécesseur » à Joseph DEMIUS d’ENTREMONT et à Anne LANDRY, pareillement cousins. « Cette dispense leur a été accordée gratuitement, et comment des malheureux expatriés et transportés par les Anglais en France, après une espoliation entière, expropriés d’immenses possessions, réduits aujourd’huy dans le plus triste état sans autres ressources que leur industrie, auraient ils été en état de l’obtenir s’il avoit fallu la payer ».

Si vous ne l’accordiez pas aux suppliants, « la suppliante déjà âgée de près de trente ans, demeurée sans père ni mère ni personne qui prenne intérêt à elle resterait sans établissement, exposée à toutes les horreurs de l’indigence »

L’enquête a lieu le 29 Avril.

Joseph LANDRY comparait. Il est fils de feu François et de deffunte Marie BELIVEAU, originaire de Port Royal, navigateur, transporté par les Anglais il y a douze ans, 28 ans. Il fréquente honnêtement la suppliante depuis huit ans en vue du mariage. Il signe.

Magdeleine LANDRY, fille de défunt René LANDRY et de deffunte Marie Josephe d’ENTREMONT, arrivée à Cherbourg il y a environ onze ans sur un vaisseau anglais, est occupée journellement chez elle au travail du mesnage. Elle redonne les mêmes raisons, son âge, le fait qu’elle n’a jamais été mariée ni recherchée, leur attachement mutuel de plus en plus fort, l’égalité de leur caractère et, pour obtenir la gratuité, le fait qu’ils n’ont que la paye du Roy pour vivre et que « le Banquiers de France ne peuvent exploiter pour eux, car les Acadiens ne sont point régnicoles »

                               Pierre LANDRY, père commun, d’où :

François LANDRY                                                    René LANDRY

x Marie BELIVEAU, d’où :                                        x Marie Joseph D’ENTREMONT, d’où :

Joseph LANDRY, suppliant                                      Magdeleine LANDRY, suppliante

(Complète l’arbre de Joseph DEMIUS d’ENTREMONT et d’Anne LANDRY, x en 1764).

Premier témoin parent : Pierre LANDRY, navigateur, 31 ans, frère de Joseph. Il marque.

Second témoin parent : Joseph LANDRY, navigateur, 48 ans, frère de Magdeleine. Il marque.

Premier témoin non parent : Pierre NONAINVILLE, drapier, bourgeois de Cherbourg, 41 ans. Il signe.

Second témoin non parent : Loüis NONAINVILLE, aussy drapier, et aussy bourgeois de Cherbourg, 23 ans. Il signe.

Tous les témoins répètent inlassablement les mêmes arguments.

 
 

 

Sur le site on n'a pas le mariage de #140 mais sa dispense, on le mariage avec dispense de #135 mais pas la dispense.

 

 

 

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Dernière modification : vendredi 02 juillet 2010