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LES PATRONYMES


 

Le Patronyme Landry, article du 26 janvier 1986 dans L'Ancêtre

1. Origine du nom. (14) (16)

Le nom Landry tel qu'on le connaît aujourd'hui descend essentiellement d'un prénom d'homme. A l'origine, ce nom germanique (ou teutonique), proviendrait de la combinaison des mots LAND, terre ou patrie, et RIC ou RICH, signifiant puissant, vaillant, ou riche; en résumé un homme puissant pour la patrie. Une bien belle signification pour un simple nom. Ce nom provient dans certains cas du prénom André, ou encore est dérivé de landore ou landreux qui signifie infirme en langue d'oïl. Landrin est aussi une abréviation de Flandrin en langue d'oïl. La langue d'oïl étant un dialecte parler dans le nord de la France, dans laquelle le oui était prononcé "oïl".

 

2. Les autres formes du nom Landry.

Les formes anciennes, latines ou germaniques, sont Landeric, Landericus, Landric, Landriaco, Landeriacum et autres formules similaires.

En France on rencontre les noms de famille Landré, Landrevin, Landriau, Landrieux, Landrin, Landron, Landru, etc.. Au Québec, les noms Landrault, Landreau, Landreville, Landrian, Landriau, Landriault, Landrie, Landry sont surtout utilisés. Le nom Landry demeure quand même très fortement utilisé par rapport à ses dérivés. À cause de l'origine du nom et sa prononciation, les nombreux Landry aux États‑Unis ont conservés le même orthographe.

Comme nom de lieu on retrouve d'autres variantes comme Landrienne et Landrillet. En France on retrouve Landrichamp, Landrimont et Landricourt.

 

3. Les noms de lieux au Québec.

Il n'y a pas de ville ou village Landry au Québec. Un canton en Abitibi, des lacs, des rivières et des ruisseaux un peu partout à travers le Québec. L'annexe A présente la liste de ces noms de lieux.

 

4. La commune de Landry en Savoie, France.(1)

Cette petite commune de 314 âmes du département de Savoie, arrondissement d'Albertville, canton d'Aime  est situé entre Aime et Bourg St‑Maurice sur l'Isère (code postal 73210).

Le nom provient de Landarius un nom germanique, devenu Landriacum à l'époque mérovingienne (448 à 751), puis Landarriacum, Landeriacum et Landriacum. Landriano en est la forme italienne. Plus précisément dans l'histoire ce village fut dénommé;

 En

        1145    Ecclésia de Landriaco (3)

        1184    Ecclésia de Landric

        1258    Ecclésia de Landria

        1294    Joannes de Landrea

        1297    Rudetus de Landriaco

         1350    Ecclésia de Landris

         1608    Ecclésia Landriaci

Il obtint son investiture par Aymon, comte de Savoie, à Pierre et Antoine Didier de Landry en Tarentaise de biens tenus en fief du comte en 1339. (4)

 

5. Autres noms de lieux en France. (7) (15)

Il y a une seule commune Landry en France, mais des dérivés du nom sont également utilisés. Les principaux sont;

            Landrichamp  de Landericus

            Landricourt

            Landrecourt

            Landrimont

            Landremont

            Landreville

            TourLandry, Maine et Loire. (1)

Nous retrouvons une seigneurie Landry en Bretagne et une baronnie Landry dans le Barrois, à l'est de Paris (14). Il y a également un Landriano en Italie, la forme italienne de Landry. (2)

 

6. Les premiers Landry cités par l'histoire.

Landri ou Landéric (8) (10)

Le premier Landry retenu par l'histoire est Landéric, un sujet (leude) du roi de Neustrie, Chilpéric I. Certains auteurs lui attribuent la responsabilité de l'assassinat de ce roi en 584, également imputé à la reine Frédégonde, dont il aurait été l'amant.

Maire du palais de Neustrie, au début sous la régence de Frédégonde durant la minorité de son fils, Clotaire II. Il participe aux luttes entre l'Austrasie et la Neustrie. Il est responsable de la victoire en 592 sur Childebert, roi d'Austrasie. (Austrasie, royaume franc à l'est de Paris et Neustrie, royaume à l'ouest de Paris).

Premier maire du palais nommé à vie. A partir de cette époque le maire prend une plus grande importance, entre autre il est le chef de l'armée. Ce poste deviendra semblable à la fonction de nos premiers ministres d'aujourd'hui. (9) (11)

 L'évêque Landry (8) (12)

Le premier saint à porter le nom Landry succéda à Audebert comme évêque de Paris en 650. Il se signala par sa charité pendant la famine de 651 et on le représente avec une corbeille sous la main. On lui attribue la fondation de l'Hôtel‑Dieu de Paris. Il est mort en 656 et est fêté comme saint le 10 juin.

Saint Landri, Landry ou Landericus (8) (12) (13)

Notre deuxième saint Landry est issu d'une famille de saints. Fils de saint Vincent Madelgaire et de sainte Waudru. Il fut abbé de Hautmont et de Soignies, aujourd'hui en Belgique. Il aurait été évêque avant de se faire moine. Il est mort vers 700 et est fêté le 17 avril.

Tous les enfants de saint Vincent sont entrés au couvent suivi par les parents qui quittent la cour mérovingienne. Sa mère Sainte Waudru fonda le monastère de Châteautier sur une colline où s'éleva plus tard la ville de Mons en Belgique. Ses soeurs sont sainte Maldeberge et sainte Adelrude. Toute la famille est fêté le 9 avril.

Une biographie de saint Landry a été écrite au XI ou XII siècles par un moine de Soignies.

 

7. Utilisations diverses du nom.

Syndrome de Landry. (8)

Le syndrome de Landry est une paralysie progressive et ascendante qui débute par les membres inférieurs et qui gagne rapidement le tronc puis les membres supérieurs. Cette affection, dites aussi paralysie ascendante aiguë, ordinairement suivie de mort rapide est rare.

Ce syndrome doit son nom au médecin français Jean‑Baptiste Octave Landry, Limoges 1826, Auteuil 1865.

 

Marcel W. Landry

 

 

 

Bibliographie

(1) Dictionnaire national des Communes de France.  Albin Michel 1977. Un. Laval DC14 M615, 1977

(2) Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie. Adolphe Gros. Un. Laval DC14 G877, 1973

(3) Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France. Ch. Rostang  pp383. Un. Laval DC14 D244, 1978

(4) Archives de l'ancien duché de Savoie. Série 5A. Inventaire tome 1. Un. Laval SA163

(5) Dictionnaire géographique de la France. Larousse. Bibl. de Québec 914.4003  039d

(6) Les guides Bleus‑Savoie. p. 374. Un. Laval G153 G946 F815, S368 1949

(7) Les noms de lieu de la France. Un. Laval DC14 L856 1973.

(8) Grand Larousse Encyclopédique. Vol.12. Bibl. de Québec Réf. 034 G751

(9) Les origines (France). Bibl. de Québec  944.01 , 979o

(10) Histoire pratique des Mérovingiens. Godefroid Kurth   pp.392‑396. Un. Laval DC65 K96 1968

(11) L'Empire des Francs. Le général Favé, p.198. Un. Laval DG64 F273 ex.B

(12) La fleur des Saints.  Bibl. de Québec 282.0922 E58f

(13) Biographie Nationale (Belgique). Académie Royale. Un. Laval DH513 B615, 10‑11

(14) Origine des familles.  N. E. Dionne. Bibl. de Québec Réf. 929.4 D592o

(15) Noms de lieu de la France. Auguste L. 1920‑23. Un. Laval Réf. DC14 L856

(16) Dictionnaire des noms de famille et des prénoms. Vernoy. Bibl. de Québec Réf. 929.403 L176d

(17) Répertoire toponymique du Québec, 1978. Commission de toponymie, Éditeur officiel du Québec. p 596‑7.

 

Version originale, Beauport, 26 janvier 1986

Publié dans la revue L'Ancêtre de la Société de généalogie de Québec en mai 1988.

 

Les noms dit

On voir à une certaine époque la prolifération des "noms dit" soit du genre Landry dit Bercas. Cette coutume fut interdite à la fin du XIXe siècle au Québec.

"Deux autres facteurs de différenciation de la fréquence des noms sont importants selon Desjardins et autres. D'abord l'utilisation importante et «arbitraire» des surnoms dans l'identification des personnes et la directive des autorités dans les années 1870 de n'utiliser qu'un seul nom. Il faut mentionner cependant que cette directive n'a pas été retrouvée par les historiens, malgré son importance."

Source : Louis Duchesne, Les noms de famille au Que´bec : aspects statistiques et distribution spatiale. Institut de la statistique du Québec, 2006. Pages 13-14

 

Variation d'orthographe du patronyme Landry

Landry    -la forme la plus répandue

Londeree    -grande famille américaine descendant d'un Landry du Québec

Landre    -graphie fréquente en France

Landrie    -graphie fréquente au Québec dans certaines paroisses mais tous corrigés plus tard pour Landry

Londrie, Landree, Londrie, Londry

 

Origine de la coutume des patronymes
Au Moyen Âge, après l'installation des noms d'origine germanique, on voit se produire une diminution importante du nombre des noms couramment utilisés. Ce phénomène est dû, pour l'essentiel, à l'influence de l'Eglise qui tend de plus en plus à limiter le choix des parents à des noms acceptables du point de vue chrétien, c'est à dire ayant été porté par de pieux personnages. La mode de son côté, favorise l'imitation, dans certains villages, il n'existe qu'une dizaine de prénoms (Jean, Jacques, Marie, Pierre ou Paul…) pour dénommer la quasi-totalité des habitants !

Vers l'an mille, la nécessité se fait sentir d'éviter les quiproquos, ne serait-ce que dans les documents administratifs, lorsqu'il y en a, en distinguant les porteurs d'un même patronyme. C'est alors que l'on voit des surnoms s'ajouter au nom de baptême, afin de mieux préciser les individualités. Le fait est capital, car l'aboutissement de ce phénomène sera le système de la double dénomination qui est encore en vigueur de nos jours : prénom plus nom de famille. Les racines de cette véritable révolution semblent remonter à l'époque de Charlemagne. Dès le IXe siècles, en effet, les sobriquets sont d'usage courant à la campagne comme dans les villes.

A partir du Xe siècle, ils apparaissent dans les documents écrits et dans les actes officiels, nouveauté provoquée par un besoin évident de précision et de clarté. On trouve donc d'un côté le nom de baptême, le futur prénom, et de l'autre un surnom, qui peut changer au cours de la vie et qui n'est pas forcément héréditaire. Le grand tournant se produit vers la fin du XIe siècle : le nom de baptême devient le prénom proprement dit, tandis que le surnom se transforme en un vrai patronyme transmis aux descendants.
C'est la naissance de l'anthroponymie moderne. Ces surnoms, comme on peut s'en douter, sont de nature extrêmement variée : sobriquets professionnels très fréquents, particularités physiques ou morales, toponymes, c'est-à-dire noms de lieux, de villes ou de villages, etc.

Vers 1200, l'usage du surnom héréditaire est à peu près général dans les deux tiers de la France. A la même époque, l'Eglise accentue son emprise sur la vie privée. Elle impose notamment les parrains et les marraines, à qui revient fréquemment le choix du prénom.
Les noms de baptême sont le plus souvent tirés des Ecritures, en concurrence avec les noms païens d'origine germanique qui restent très portés. Parmi les prénoms ou les diminutifs les plus courants, certains, aujourd'hui sortis de l'usage, donneront par la suite naissance à des noms de famille : Durand, Guérin, Janet, Garnier, Monet, Simonin, Mangin...

L'état civil, le premier registre des noms de baptême connu en France date de 1411. A cette date, la presque totalité des prénoms utilisés sont d'origine chrétienne ou ont été christianisés par le truchement d'un saint patron. Le culte des saints, qui s'est beaucoup développé pendant le Moyen Age, a facilité cette évolution. Le baptême est désormais l'occasion de donner à l'enfant le nom d'un saint, d'un évêque ou d'un personnage de la Bible. La fête, qui commémore le jour du saint patron prend le plus souvent le pas sur l'anniversaire, qui ne conserve le souvenir que de la naissance physique.

En 1539, sous François 1er, le célèbre édit de Villers-Cotterêts, qui, par ailleurs, impose l'usage de la langue d'oïl, c'est à dire du français, dans les documents administratifs auparavant rédigés en latin, fixe les noms de famille dans toutes les possessions du roi de France et, dans son article 51, fait obligation aux curés de chaque paroisse de tenir des registres d'état civil.

Toujours au XVIe siècle, l'apparition et le développement de la Réforme favorisent la diffusion des prénoms d'origine biblique : le Synode en 1562 recommande aux protestants de choisir les prénoms de leurs enfants dans l'Ancien Testament. En 1598, l'édit de Nantes confie aux pasteurs huguenots le soin de rédiger état civil de leurs ouailles. Après la révocation de cet édit, en 1685, aucune autre décision ne sera prise à ce sujet, et c'est seulement sous Louis XVI, par l'édit du 28 novembre 1787, que les officiers de justice seront officiellement chargés de rédiger en France l'état civil des non-catholiques.

A la fin du XVIIIe siècle, le choix du parrain et de la marraine s'opère de plus en plus souvent en dehors du cercle familial. Souvent lié à un désir de promotion sociale, on parle alors de parrainage de prestige. Cet usage permet aux parents d'étendre leur réseau de relations et assure à l'enfant une protection pour l'avenir. Mais, en même temps, le parrain et la marraine choisissant souvent le nom de l'enfant, il entre en contradiction avec l'habitude qui consiste à donner de préférence au nouveau-né un prénom déjà porté par l'un de ses ancêtres. Le renforcement des alliances sociales (lien horizontal) s'opère ainsi au détriment du primat de la lignée (lien vertical).

A la veille de la Révolution, l'enregistrement des naissances et des baptêmes est fait exclusivement par les curés des paroisses, pour les catholiques, et par les juges royaux, pour les autres. Au moment de la laïcisation de l'état civil (20-25 septembre 1792), l'Assemblée législative conférera ensuite ce rôle aux officiers publics de l'état civil, lesquels seront pris parmi les membres du conseil général de chaque commune et devront être élus par leurs collègues. Elle précisera que le déclarant de la naissance doit être, sauf circonstance particulière, le père de l'enfant, assisté de deux témoins.

La Révolution de 1789 devait avoir des conséquences directes sur les attributions de prénoms. C'est en septembre 1792, d'ailleurs, que les textes officiels emploient pour la première fois le terme de prénom et non celui de nom propre ou de nom de baptême. Le 24 mars 1793, un décret rappelle que tout prénom est valable si les formalités légales ont été respectées. Un autre texte arrêté en brumaire an II (octobre 1793) autorise tout individu qui le désire à changer légalement de nom ou de prénom. Les conditions d'enregistrement des naissances s'en trouvent bouleversées.

Le 27 novembre 1793, une loi de la Convention instaure le calendrier républicain : l'année comporte désormais douze mois de trente jours, assortis de cinq jours supplémentaires (les sans-culottes) et, tous les quatre ans, d'un jour de la Révolution. Bannis de ce calendrier, les noms de saints sont remplacés par des " vocables patriotes " des noms de grands hommes de l'Antiquité, mais aussi des noms abstraits, des noms de vertus, des noms de fleurs, d'arbres, de légumes, de minéraux, d'outils ou d'animaux ! Cette liberté dans le choix des prénoms sera confirmée par la loi du 29 floréal an II (18 mai 1794). On voit alors fleurir les initiatives les plus surprenantes. C'est l'époque des prénoms révolutionnaires ! Les trois prénoms vedettes sont Liberté, Floréal et Brutus. Mais des enfants sont aussi prénommés Citrouille, Pissenlit, Belle de Nuit, Naturel, Agneau, Cerfeuil, Centigramme, etc...

Il revenait à Napoléon de mettre fin à ces désordres. Une nouvelle loi concernant l'état civil est en effet adoptée le 11 germinal an XI, c'est-à-dire le 1er avril 1803. Elle met fin aux prénoms révolutionnaires et précise que les prénoms ne devront désormais être choisis que dans le calendrier liturgique et l'histoire ancienne. Elle signale aussi que ceux qui portent encore des prénoms révolutionnaires peuvent recourir aux tribunaux pour les changer, par simple rectification de l'état civil dans le registre des naissances.

Source et pour en savoir plus http://www.fortunecity.com/meltingpot/tobago/207/id94.htm

 

 

Références intéressantes.

Le patronyme : histoire, anthropologie, société. CNRS Éditions, Paris, 2001. Ouvrage collectif dirigé par Guy Brunet, Pierre Darlu et Gianna Zei.

 

 

 

Marcel Walter Landry - Pour toute question ou problème concernant ce site Web, envoyez moi un courriel.

Dernière modification : jeudi 17 mars 2011