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M. de la Rochette

 

Les papiers de la Rochette - La Rochette Papers

 

Durant les déportations des Acadiens, lorsqu'ils étaient transportés d'un endroit à l'autre, une liste des acadiens était établie en général pour justifier les dépenses occasionnées par les personnes responsables de ces déplacements. Les Acadiens qui furent déportés en Virginie en 1755, furent de nouveau déportés en Angleterre en 1756. Finalement ils furent transportés d'Angleterre vers la France à la fin de la Guerre en 1763. L'officiel français responsable de ce dernier déplacement était le Sieur de La Rochette travaillant sous la responsabilité du Duc de Nivernois, ambassadeur de la France à Londres. Les listes produites lors de ces derniers déplacements sont référées comme les "La Rochette Papers" dans les livres II de Milton P. Rieder, Jr & Norma Gaudet Rieder. Je n'ai pas vu cette expression à d'autres endroits.

 

Archives Canada

Rapport sur les Archives Canadiennes pour l'année 1905. Trois volumes, Volume II, Document No 18 A. 1906, Imprimeur de S.T.E.M. le Roi, Ottawa, 1909.

En anglais :
Report concerning Canadian archives for the year 1905. Ottawa : Printed by S.E. Dawson, 1905-1906. NOTES: Also issued in the Sessional papers of Parliament. "Being an Appendix to the Report of the Minister of Agriculture." Vol. for 1905 issued in three volumes.

 

Archives Canadiennes pour l'année 1905 en trois volumes, Document de la session No 18 A. 1906, Imprimeur de S.T.E.M. le Roi, Ottawa, 1909. Volume II

Volume II - APPENDICE A 3ème PARTIE - Pages xvi et xvii

Pendant que les négociations pour la paix se poursuivaient a Versailles, les Acadiens qui se trouvaient à Liverpool (Angleterre), envoyèrent par un Irlandais qui avait épousé une Acadienne, une lettre au duc de Nivernois, plénipotentiaire de Louis XV à Londres, pour lui exposer leur pénible situation.
Immédiatement après avoir reçu cette lettre le duc confia une mission secrète à M. de la Rochette. Celui ci partit de Londres le 26 décembre 1762 et arriva à Liverpool le 31 du même mois; il y troua 224 Acadiens et apprit qu'il s'en trouvait d'autres à Southampton, à Penryn et à Bristol. Aussitôt revenu à Londres, le duc l'envoya dans tous ces endroits ; il constata qu'il y avait 219 Acadiens à Southampton, 159 à Penryn, 184 à Bristol et environ 80 à bord des corsaires anglais formant avec ceux de Liverpool un total de 866 âmes, débris des 1500 déportés qui furent envoyés dans ces endroits en 1756 ; la plus grande partie des autres étant morts de la variole peu de temps après leur arrivée. De la Rochette les assura que des mesures étaient prises pour leur translation immédiate en France où le roi les recevrait à bras ouverts. Le printemps suivant ils furent transportés à St-Malo et à Morlaix.

 

Volume II - APPENDICE A 3ème PARTIE - Pages 195-196
Séance du Conseil tenue à Halifax, le jeudi 18 août 1763.
Présents : L'HONORABLE LIEUTENANT-GOUVERNEUR.
et ses conseillers:
Charles Morris
Richard Bulkeley
Alexander Grant
Henry Newton
Michael Franklin

Le lieutenant-gouverneur fait part au Conseil que M. Deschamps lui a transmis une copie d'une lettre trouvée entre les mains de Joseph Broussard dit Beausoleil, de Pisiquid, et qui a passé de main en main parmi les Acadiens français. Cette lettre a
été écrite par De la Rochette, qu'on dit être au service du duc de Nivernois, pour inviter les Acadiens à passer en France où le roi le prendra immédiatement sous sa protection. Le lieutenant-gouverneur croit à propos de communiquer au Conseil cette lettre reproduite ci-après, afin de connaître son avis à ce sujet :
"fait à Liverpool le 18 mars 1763.

" Messieurs et chers frères "
" Nous ont [avons] ordre de Monseigneur le Duc de Nivernois, Ambassadeur extra-ordinaire de Sa Majesté très Chrétienne qui reste actuellement a Londres pour un longtems de vous faire tenir la Copie de celle qu'il nous a donnée, qui est que le traité définitif est signé, et l'on va procéder Immédiatement à votre renvoi en france, comme le Reglement a ce sujet ne peut ce prendre qu'en sachant Exactement le nombre de ceux ou de celles qui veullent s'en rapporter à la Protection du roi de france, il est necessaire que vous lui en faisier tenir la Liste le plutôt qu'il vous sera possible, cette liste contiendra les noms des hommes et des femmes et des Enfants, chacun la signera pour soi. Et ceux qui ne sauront pas signer mettront leurs marques.
"J'ai le plaisir de vous apprendre que votre Traitement sera en france Encore plus avantageux que vous ne l'attender, et que vous serés sous la protection Immédiate du Roi et de son ministre, Monseigneur Le duc de Nivernois.
"Communiquez à nos Frèrés cette Lettre et assurés les bien de la protection [sic] que j'approuve, en leur annonçont leur prochaine delivrance.
" J'ai l'honneur d'être très parfaitement
" Messieurs,
" Votre Très Humble et Obeisst. Servr.

" De La ROCHETTE."
 

 

 

Rieder

Dans le volume 2 de Milton P. Rieder, Jr & Norma Gaudet Rieder, The Acadians in France, Belle Isle en Mer - La Rochette Papers --- Metairie, Louisiana - 1972, les La Rochette Papers sont citées.

 

 

ALEXANDRE-ROBERT d’HILLAIRE (Hilaire) DE LA ROCHETTE

Jean-François Mouhot dans son livre Les Réfugiés Acadiens en France 1758-1785 à la page 353 indique qu'il s'agit probablement de Alexandre-Robert d'Hillaire de la Rochette. Voici une biographie publié sur le site Dictionnaire biographique du Canada en ligne au http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=1950&interval=25&&PHPSESSID=7r3tpt6qkdnh775ipbp4nd3566

 

ALEXANDRE-ROBERT d’HILLAIRE (Hilaire) DE LA ROCHETTE

HILLAIRE (Hilaire) DE LA ROCHETTE, ALEXANDRE-ROBERT (d’), agent des trésoriers généraux de la Marine, fils de Charles-Robert Hillaire de Moissacq et de La Rochette, et d’Élisabeth Martin, de la paroisse Notre-Dame de Versailles, France ; il épousa à Montréal le 21 novembre 1760 Marie-Anne Levasseur ; décédé en ou après 1772.
Alexandre-Robert Hillaire de La Rochette paraît pour la première fois au Canada en 1755, à titre de secrétaire d’André Doreil*, nommé commissaire en chef de l’expédition de Dieskau*. À Québec, Montcalm* et Bigot, de même que Doreil, s’intéressèrent à sa carrière et, quelques mois après le départ pour la France de Doreil, à la fin de 1758, La Rochette succéda à Jacques Imbert* en qualité d’agent des trésoriers généraux de la Marine. Il conserva ce poste du 16 octobre 1759 à la cession officielle de la colonie à la Grande-Bretagne, en 1763. Ses principaux patrons, Claude Baudard de Sainte-James et Noël-Mathurin-Étienne Perichon, avaient acheté leur office pour la somme énorme de 600 000ª et étaient entrés en fonction le 31 janvier 1758, au moment précis où commençait la crise financière occasionnée par la guerre de Sept Ans. Les principales tâches de La Rochette étaient de faire les paiements de la couronne au moyen des diverses sortes de monnaie de papier en usage au Canada et de maintenir la confiance publique dans cette monnaie en la convertissant annuellement en lettres de change tirées sur ses patrons, à Paris. Exécuter ces tâches, pendant les années de guerre, avec l’inflation, les manœuvres des profiteurs et les pertes fréquentes du courrier transporté par bateau, s’avérait extrêmement difficile, comme Imbert l’avait expérimenté avant de quitter son poste. En outre, le 15 octobre 1759, à l’époque où La Rochette entra en fonction, le gouvernement français rendit son rôle impossible en suspendant le remboursement des lettres de change tirées dans les colonies sur les trésoriers généraux. On parla beaucoup de La Rochette, on le disait incompétent – et c’était la moindre des accusations portées contre lui – mais l’homme le plus parfait n’aurait pu qu’échouer dans un tel poste à une pareille époque.

Le ministre, en tout cas, avait une haute opinion de La Rochette et, à son retour en France, il le nomma agent des colonies, le 16 octobre 1763, pour surveiller l’achat des marchandises destinées aux colonies et au service colonial. Il le chargea de plus de la liquidation des papiers du Canada ; pour ce faire, La Rochette devait recevoir, examiner et vérifier toutes les réclamations privées, non encore réglées, à l’adresse de la couronne, en particulier les lettres de change et les billets de monnaie ; quand, enfin, ces réclamations auraient été officiellement approuvées (et réduites, après un délai de plusieurs années), il devait effectuer les paiements nécessaires [V. Bernard Cardeneau*]. Il travailla sous la direction de la commission Fontanieu (du nom de son président, Gaspard-Moïse-Augustin de Fontanieu, marquis de Fiennes), créée le 18 octobre 1758 sous le nom de commission de liquidation des dettes de la Marine et des Colonies, et qui reçut l’ordre, le 28 novembre 1761, de délaisser les dettes concernant le ministère de la Marine en général pour se tourner vers celles du Canada. Le travail des commissaires ne prit fin qu’en 1768, lorsque, le 20 février, la couronne publia un Arrêt qui annulle tous les billets de monnoie, lettres de change et autres titres de créance du Canada qui n’ont pas été produits dans les délais fixés. En 1772, toujours agent des colonies, La Rochette prit les mesures nécessaires pour son remplacement temporaire, afin de passer une année ou deux en Inde. On perd ensuite sa trace.

Les relations familiales de La Rochette jettent une lumière révélatrice sur sa carrière et montrent avec une rare précision par quelle protection un fonctionnaire pouvait, sous les Bourbons, avancer dans la vie. Du côté maternel, sa famille comptait deux hommes d’affaires de Marseille qui s’établirent à Québec, comme banquiers et négociants, à la fin des années 1740, Barthélemy*, fils de Vincent Martin, et Jean-Baptiste-Tropez, fils de Charles-Bruno Martin. Les familles Martin et Hillaire s’entraidaient, bien sûr, mais des membres de l’une et l’autre famille entrèrent, par des mariages, dans une famille dont on pouvait attendre davantage encore, les Levasseur, alliés à de riches et puissants fermiers généraux. Barthélemy Martin, en 1752, et La Rochette, en 1760, épousèrent tous deux des filles de René-Nicolas Levasseur, chef des constructions des vaisseaux du roi, en poste à Québec, dont le frère, Louis-Armand, un officier de carrière dans la marine, était commissaire ordonnateur à Rochefort quand il mourut le 9 août 1760. Beaucoup plus tard, le 18 janvier 1771, Jean-Baptiste-Tropez Martin, alors à Paris, épousa la sœur de La Rochette, Barbe-Madeleine ; parmi les invités à la noce, se trouvaient Élisabeth-Françoise Ferrand, née Levasseur, cousine germaine du père de Mme de Pompadour, et son mari, Laurent-René Ferrand, un fermier général. Il est évident que La Rochette bénéficia d’influences, tant à Paris qu’à Québec. Il avait d’importants intérêts en France pendant les années 1760, en société avec son futur beau-frère, Jean-Baptiste-Tropez Martin, plaçant plus de 20 000ª dans la seule Société de Guadalcanal ; mais il n’est pas certain s’il profita de sa brève carrière à Québec, d’autant qu’il ne fut pas arrêté dans l’Affaire du Canada. Sans doute ses puissantes relations de famille le protégèrent-elles.

J. F. Bosher

AN, Col., E, 257 (dossier La Rochette) ; Marine, C7, 167 (dossier La Rochette) ; Minutier central, IV, no 693 (contrat de mariage), 18 janv. 1771.— Yves Durand, Les fermiers généraux au XVIIIe siècle (Paris, 1971), 75s.— John Keyes, Un commis des trésoriers généraux de la Marine à Québec : Nicolas Lanoullier de Boisclerc, RHAF, XXXII (1978–1979) : 181–202.— Henri Legohérel, Une commission extraordinaire du Conseil d’Etat du roi : la commission de liquidation des dettes de la Marine et des Colonies (1758–1768), Université de Dakar, faculté de Droit et des Sciences économiques, Publications, 1968, 1–32.


© 2000 University of Toronto/Université Laval

Texte aussi disponible en anglais au http://www.biographi.ca/009004-119.01-e.php?&id_nbr=1950&interval=25&&PHPSESSID=rq3ctdoac8g0nmhhl5qfecoig4

 

 

 

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Dernière modification : jeudi 17 mars 2011