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Les Landry de Buckingham

Voir aussi Louis Landry de Buckingham.

1826

Les moulins à scie Bowman et Bigelow sont les seuls industries de Buckingham entre 1826 et 1860. La région commence à grossir et la paroisse catholique est établi en 1840. Il y a alors 90 familles catholiques à Buckingham. Il y a un excellent article par Serge Boudreau qui donne l'état de la région en 1846 mais aucun Landry n'est mentionné.

Serge Boudrau, Les Pionniers de La Lièvre en 1846, dans Mémoire, vol. 65, no. 1, cahier 279, printemps 2014, page 47-66

1845-1850

Deux fils de Alexis Félix Landry quitte la région de Maskinongé pour s'établir à Buckingham un peu avant 1845. À Buckingham, Michel Landry épouse Marguerite Beauchamp en 1845 et son frère Félix Landry épouse en 1850 Adélaïde Beauchamp, la soeur de Marguerite. Les Beauchamps étaient originaire de Pierrefonds. Ils seront encore là en 1861.
 

1851-1852

Le recensement de 1852 pour Buckingham a été perdu.

Recensement 1852. 260 Buckingham township The manuscript census returns for this sub-district/division no longer exist

 

1855

Carte de la ville de Buckingham en 1855

Source : Numérisée par la Société d'histoire de Buckingham. http://www.histoiredebuckingham.com/

 

1861

   
Landry Felix, Adaline, Marie Félix Landry, son épouse Adélaïde Beauchamp. Il est le frère de Michel.
Landry Louis, Vitaline, Alexina, Louis JR Louis Landry de la lignée de Guillaume,
Landry Michel, Margoret, Clarice, Silinas, Louis, Michel Michel Landry et son épouse Marguerite. Les enfants Clarisse, Céline, Louis et Michel. Ce Louis sera le grand-père de Jean-Louis Landry.

Référence : Historique Buckingham, André P. Joyce & Helen Séguin. http://maclaren.iquebec.com/

 

1871

   
Landry Michel, Margaret, Celinas, Louis, Michel, Joseph, Onezime Michel Landry et son épouse Marguerite. Seule Clarisse est mariée. Il reste Céline, Louis, Michel, Joseph et Onésime.
   
   

Référence : Historique Buckingham, André P. Joyce & Helen Séguin. http://maclaren.iquebec.com/

1879

En 1879 Louis Landry épouse Laure Daoust à l'église de St-Grégoire-de-Nazianze. Sont nés Louis en 1880, Joseph 1882, Calixte en 1884 et Alexina en 1888. Louis est décédé très jeune, en 1888 à 34 ans. Laure devient veuve avec 4 enfants et lui survivra jusqu'en 1947.

1881

Recensement 1881  
Landrie Louis, Laure, Louis Louis Landry, sa femme Laure et leur premier enfant, Louis.
Landry Margret, Michel, Lezime, Joseph Veuve Marguerite Beauchamps Landry. Céline et Louis sont mariés. Il reste Michel, Joseph et Onésime.
   

Référence : Historique Buckingham, André P. Joyce & Helen Séguin. http://maclaren.iquebec.com/

 

1888

Décès de Louis Landry à 34 ans, grand-père de Jean-Louis Landry.

 

1891

Recensement 1891  
Landrie Lorie, Louis, Joseph, Calixt, Elixinou. La famille de Laure Daoust Landry.
   
   

Référence : Historique Buckingham, André P. Joyce & Helen Séguin. http://maclaren.iquebec.com/


 

1895


Dans le document HISTORIQUE DU COLLÈGE ST- MICHEL http://maclaren.iquebec.com/ on y parle du frère Ambrosio et du frère William comme directeur de l'école Saint-Michel. Sur la photo des Écoliers de Buckingham de 1895-1896 avec Joseph Landry et Calixte Landry, il y a le frère Ambrosio.

Écoliers du Collège St-Michel 1895-1896 dont Calixte Landry et Joseph Landry.

Source: JOYCE, André P., Buckingham : son histoire, son patrimoine, Buckingham, ECO, 1982, page 37.

 

1901

Recensement 1901 - 16 avril - 160_b-5_tableau1_page5_Quebec_Labelle_Buckingham

Lignes 40 à 44 Famille Laure Landry

 

40 Landry Laure F Head W May 15 1859 41 merchant
41 Landry Louis M Son S Sep 4 1880 20 christian brother
42 Landry Joseph M Son S May 15 1882 18 butcher
43 Landry Calixte M Son S Jul 31 1884 16 student
44 Landry Alexina F Daughter S Feb 14 1888 13

.

.

-Laure Daoust Landry, commerçante, probablement épicerie.
-20 ans frère des Écoles Chrétiennes, étudiant.
-Boucher dans l'épicerie de sa mère.
-Aux études, il deviendra prêtre.
-13 ans.

-La famille de Laure Landry demeure tout près du presbytère. Elle est toujours bien impliquée dans les activités de la paroisse.

Lignes 45-47 Famille Victor Montpellier

 

Lignes 48-49 Probablement le presbytère
48 Rev Father Michel 1873-1901.
49 Rev Father Raymond
50 Maria Baker domestique

-

C'est le curé de la paroisse François Michel.

-

-

Autres Landry dans le recensement de Buckingham.

-

LANDRIE Joseph, Joséphine, François, Beatrice, Reine M., Gilberte Joseph Landry est le frère de Louis, époux décédé de Laure.

Référence : http://www.collectionscanada.gc.ca

 

 

1906

Exécutif syndical de l'Union international des ouvriers de Buckingham.

Louis Landry est assis à terre à gauche de Thomas Bélanger, Président du syndicat, assis sur la chaise.

Publiée par Pierre Louis Lapointe dans son livre, La Vallée Assiégée, 2006, page 142. Originalement dans le Ottawa Evening Journal, 25 octobre 1906, page 1. Publié également par la Société d'histoire de Buckingham. http://www.histoiredebuckingham.com/

 

Évènements du 8 octobre 1906

Dessin de la Une du journal La Patrie du 9 octobre 1906.

 

11 octobre 1906. Funérailles de Thomas Bélanger et François Thériault.

 

5 décembre 1906. Louis Landry envoyé à son procès pour sa participation à une émeute.

 

 

Extrait d'une page Internet sur le site de la famille Thériault ( http://www.genealogie.org/famille/theriault/Buckingham.htm ):

MORT TRAGIQUE DE FRANÇOIS THÉRIAULT ET THOMAS BÉLANGER par Pierre-Louis Lapointe, Ph.D., historien. Extraits de l’ouvrage de Pierre Louis Lapointe intitulé " La vallée assiégée. Buckingham et la Basse-Lièvre sous les MacLaren, 1895-1945 ", (Éditions Vents d’Ouest, environ 300 pages, plus d’une centaine de photographies, cartes et illustrations).

En guise de survol des événements qui précipitèrent l'affrontement du 8 octobre 1906, nous donnons la chronologie qui suit.

Printemps 1906
Réduction de la main-d'oeuvre à la compagnie MacLaren et surcharges de travail. Ce resserrement de l'administration de l'entreprise est probablement imputable aux besoins de liquidités occasionnés par l'ambitieux programme de modernisation de l'ancienne scierie Ross et par le transport de la cour à bois de Masson à Buckingham. De plus, les rentrées de fonds sont ralenties considérablement à cause du niveau exceptionnellement bas de l'eau, sur la Lièvre et sur l'Outaouais, ce qui retarde l'arrivée du bois aux moulins et les expéditions par barges de Masson.

15 juillet 1906
Première rencontre préparatoire pour la mise sur pied d'une union tenue dans le Bloc McCallum et Lahaie à l'angle de la rue Principale et de la rue Joseph.

22 juillet 1906
Deuxième rencontre tenue cette fois au Collège Saint-Michel. Quatre cent personnes sont présentes. Trois cent versent leur trois dollars et promettent de verser une cotisation mensuelle de 35 à 40 cents.

29 juillet 1906
Troisième réunion tenue au Collège Saint-Michel. Des représentants syndicaux de la région de Saint-Jean et de Montréal viennent rencontrer les membres. Élection de l'exécutif syndical. Edmond Matte est élu président; Thomas Bélanger, premier vice-président; Jean-Baptiste Clément, deuxième vice-président; François Thériault, secrétaire-archiviste; Léonard Pagé, secrétaire-financier et Thomas Lamontagne, trésorier.

Août 1906
Thomas Bélanger devient alors président de l'Union. Il n'a que vingt-cinq ans. L’exécutif syndical de l’Union internationale des ouvriers de Buckingham en 1906. Cette photographie, prise vraisemblablement par Rodolphe Léger vers la fin du mois d’août 1906, circule sous forme de carte postale avec l’intitulé anglais " Fair Wage Fighters ". Le groupe est rassemblé à l’extrémité nord-est de la grande véranda de la maison de l’avocat Yvon Lamontagne. Au fond, à droite, on distingue à peine le garde-fou du pont qui enjambe alors le ravin qui traverse en diagonale le tracé de la rue Principale. Assis, au centre de la photo, Thomas Bélanger, président ; assis par terre à gauche de Bélanger, Louis Landry et à droite Léonard Pagé ; derrière lui, Jean-Baptiste Clément ; en haut , adossé au poteau de la galerie, Yvon Lamontagne ; debout, devant Lamontagne, Adélard Hamelin, et à gauche de ce dernier, Louis Gervais ; en plein centre, derrière Gervais et Hamelin, vraisemblablement François Thériault.
Photographe Rodolphe Léger. Collection Pierre Louis Lapointe. Publiée dans le Ottawa Evening Journal, 25 octobre 1906, p. 1.

15 août 1906
Thomas Bélanger, Eusèbe Lafleur et Xavier Tremblay rencontrent John Edward Vallillee, gérant de la compagnie et maire de la ville.

Septembre 1906
Le Syndicat demande l'intervention des médiateurs provincial et fédéral.

10 septembre 1906
Une délégation de syndicalistes formée de Thomas Bélanger, Eusèbe Lafleur, Georges Lafleur, Léandre Lafleur, Palma Proulx, Adélard Hamelin et plusieurs autres présentent à J.E. Vallillee les demandes de l'Union, qui sont:
(i) Reconnaissance de l'Union
(ii) Réduction des heures de travail de onze heures à dix heures par jour
(iii) Augmentation du salaire de deux cents et demi de l'heure. Les ouvriers recevaient alors 12 cents et demi de l'heure.
Rejet de leur demande.

12 septembre 1906
Lock-out décrété par J.E. Vallillee. Fermeture des moulins.

20 septembre 1906
Envoi d'une demande officielle de rencontre à Albert MacLaren par Thomas Bélanger. Refus de rencontrer les membres de l'Union.

26 septembre 1906
Embauche, vers cette date, de la Thiel Detective Service par J.E. Vallillee.

1er octobre 1906
Félix Marois, médiateur du gouvernement du Québec se rend rencontrer Albert MacLaren qui refuse de traiter avec l'Union. Il rencontre également les membres du syndicat et transmet à Albert MacLaren une contre-offre des syndiqués, offre qui est refusée. L'offre de médiation du gouvernement fédéral est rejetée par Albert MacLaren, qui menace de cesser toute production sur la Lièvre.

L'utilisation d'une agence privée de détectives qui se spécialise dans le "strike breaking business" donne à toute cette affaire des allures de série noire. On traite les ouvriers comme s'ils sont des criminels. On les fait suivre et espionner et des agents doubles font rapport à leur chef E.R. Carrington sous des noms fictifs. On dresse des listes de membres de l'Union et on fait tirer des photographies des leaders syndicaux afin de bien les identifier. Un de ces agents secrets signe ses rapports "Finis". Un autre donne la liste de ceux qui ont assisté à la réunion du 1er octobre tenue au Bassin (Masson) et ajoute que Bélanger est remonté à bicyclette jusqu'à Buckingham.
 

8 octobre 1906
Le matin du 8 octobre 1906, vers 9.00 heures, Albert et Alexander MacLaren organisent la descente de billots près du "Landing" avec treize hommes. C'est une provocation qui prend par surprise les syndicalistes. C'est aussi un guet-apens, puisqu'on les y attend, retranchés sur les hauteurs et armés jusqu'aux dents. Cette interprétation se trouve confirmée par les démarches effectuées auprès de Rodolphe Léger pour obtenir une photographie de Thomas Bélanger; par le caractère troublant d'une lettre de J.E. Vallillee à George Millen de la Compagnie E.B. Eddy en date du 3 octobre 1906, et surtout, par la nature et le nombre de blessures par balles qui vont terrasser Thomas Bélanger. Le jeune président de l'Union est désigné comme cible.

Les unionistes marchent vers le Landing. Il est environ 13 heures. Les hommes ont l'intention bien arrêtée de convaincre les employés de quitter le travail. Ils s'approchent, parlementent et s'avancent à nouveau. Un ordre sec claque soudainement dans l'air frais de ce 8 octobre : "Shoot them"! Une rafale de coups de feu répond au commandement. Thomas Bélanger et François Thériault s'affaissent, foudroyés. D'autres sont blessés. Estomaqués, ahuris, révoltés, les unionistes montent à l'assaut et mettent en fuite ceux qui viennent d'assassiner leurs amis. Dans les heures qui suivent John Edward Vallillee obtient l'intervention de la milice, et, en fin de soirée, 117 d'entre eux s'installent à Buckingham. Le 10 octobre, un contingent des Royal Canadian Dragoons, stationné à Saint-Jean, vient relever la milice. La ville est sous occupation militaire jusqu'au 23 octobre : il n'en faut pas plus pour que le calme revienne et pour que les moulins reprennent leur activité.

Chez les ouvriers, c'est jour de deuil, et chez les familles les plus éprouvées, il faut déjà songer à se refaire une nouvelle vie. Marie-Louise Bélanger est enceinte d'un fils, Thomas, et Élisabeth Thériault est chargée de la responsabilité de cinq enfants. Et dans les mois qui suivent, il y a cette terrible parodie de justice qui, un an après "l'Affaire", condamne seulement des ouvriers. Après l'érection d'un monument au cimetière, sur la tombe de Bélanger et de Thériault, le silence s'installe comme un linceul sur la petite ville de Buckingham. La liste noire fait le reste. Près du quart de la population quitte la ville pour Cobalt, pour Fasset, pour Bathurst, pour des endroits où il est possible de refaire sa vie et d'oublier octobre 1906.

La ville de Buckingham bloque de sa mémoire collective ce dur épisode de son histoire. Un mot d'ordre est donné: il faut oublier! Les procès-verbaux de la ville sont d'ailleurs totalement muets à cet égard. On ne parle ni de grève, ni de lock-out, ni de troubles, ni d'occupation militaire. C'est comme si rien ne s'était passé! Les principaux acteurs du drame doivent quitter la ville et s'exiler pour gagner leur vie. Le docteur Rodrigue s'en retourne à Lachute où il devient éventuellement premier magistrat, et Léonard Pagé va faire fortune dans la région de Sainte-Thérèse. W.H. Kelly est humilié et poussé jusqu'au seuil de la pauvreté. En guise de représailles, les Kelly font transférer les cendres de leur père hors des murs de cette ville maudite. La peur, qui règne sur la ville, ne se dissipe que très lentement et très péniblement. Il flotte d'ailleurs encore comme un parfum de crainte sur Buckingham et on se refuse encore à assumer pleinement ce passé pénible.

La paix revenue, la Compagnie MacLaren consolide son emprise sur la Basse-Lièvre. Ce n'est qu'en 1935 d’ailleurs que son monopole est ébranlé. La MacLaren, coincée par le gouvernement Taschereau, doit alors payer de meilleurs salaires et se conformer au prix-plancher fixé par le reste de l'industrie québécoise des pâtes et papiers. Plus tard, pendant la deuxième guerre mondiale, elle doit s'ouvrir au syndicalisme. Les grandes compagnies n'ont plus le même poids politique et ne peuvent plus, sans y mettre les formes, agir à leur guise et contrôler les instances politiques et judiciaires.

Un simulacre de justice

Les procédures judiciaires qui sont entamées par les autorités au lendemain du 8 octobre 1906 prouvent l’imbrication incestueuse du judiciaire, du politique et de l'économique et les procédures sont viciées. Les dés sont pipés en faveur du pouvoir économique et politique et les syndicalistes vont en payer le prix. Une première poursuite intentée contre Alex et Albert MacLaren, J.E. Vallillee et les détectives, à la demande des avocats des syndicalistes, est renvoyée par le juge Joseph T. St-Julien parce qu'il manque la date sur un des documents. L'enquête entreprise par le Coroner Alexandre Rodrigue sur la mort de Thomas Bélanger et de François Thériault est interrompue par Lomer Gouin, Premier-ministre et Procureur-général du Québec, qui intervient personnellement dans le déroulement de l'enquête. Le docteur Rodrigue doit démissionner. Le coroner J.T.D. Fontaine de Maniwaki, nommé par le gouvernement provincial pour remplacer le coroner Rodrigue, annule l'enquête commencée par le docteur Rodrigue et démarre celle sur la mort du détective Herbert Warner, ce "repris de justice" mort le 15 octobre 1906 d'un empoisonnement sanguin lié à une blessure reçue le 8 octobre au "Landing". Ce faisant, le coroner Fontaine, décentre l'enquête en la retournant contre les victimes syndicalistes. C'est le pauvre détective qui est maintenant martyr et c'est l'action de Bélanger, Thériault et de leurs amis qui est blâmée. Malgré cette façon de faire, le jury présidé par Désiré Lahaie, rend un verdict de "non-responsabilité" dans la mort de Warner.

L'enquête sur la mort de Bélanger et de Thériault, tenue du 26 au 31 octobre 1906 et présidée par le coroner Edouard McMahon a selon lui un jury plus "objectif". Le jury de l'enquête sur Warner se compose de onze francophones et de cinq anglophones, de dix fermiers et de six habitants de la ville de Buckingham : celui de l'enquête sur Bélanger et Thériault est fait de huit anglophones et de huit francophones, tous des cultivateurs. Les intrants ainsi contrôlés, le coroner McMahon réussit à obtenir un verdict mettant en cause Alexander et Albert MacLaren, le chef de police Kiernan, le huissier Cummings, le coroner Rodrigue, les détectives Picard, Ingram et Warner, les unionistes Adélard Hamelin, Hilaire Charette, Jean-Baptiste Clément, Colbert Bastien et Georges Robinson Croteau. Dans son rapport à Lomer Gouin, le coroner McMahon s'excuse du fait que ce verdict "va peut-être trop loin" mais il se défend en soulignant qu'il "a plu immensément au public de Buckingham".

Les enquêtes préliminaires s'ouvrent le 26 novembre sous la présidence du juge F.-X. Choquet de Montréal. Lomer Gouin lui confie personnellement l'instruction de ces enquêtes. Au lieu de se servir des verdicts des enquêtes de coroner pour dresser la liste des accusations, le juge Choquet fait appel au détective K. P. McCaskill pour que soient effectuées de nouvelles recherches. Résultat: l'homicide involontaire de Warner est ramené à la surface, même si l'enquête du coroner Fontaine a conclu à la non-responsabilité des syndicalistes dans cette affaire; Albert MacLaren se voit exonéré; les détectives Joseph Lalonde, Joseph Delorme et I.J. Thompson sont mis en accusation avec leurs collègues, et Louis Landry, Cyrille Tourangeau et le docteur Alexandre Rodrigue s'ajoutent aux syndicalistes qui sont traînés devant les tribunaux.

Les procès sont entachés d'irrégularités, d'un remarquable parti-pris anti-syndical et d'interventions politiques orchestrées par Charles Lanctôt, l'adjoint de Lomer Gouin. Vraisemblablement inquiets face aux verdicts précédents rendus par des jurés, Alexander MacLaren, John C. Cummings, Francis Kiernan et les autres détectives optent pour un procès devant magistrat plutôt que devant jury. Le premier de ces deux procès, ouvert le 18 février 1907 devant le juge J.-T. St-Julien, est le théâtre de deux interventions remarquées de la part de Joseph-Timoléon St-Julien. Yvon Lamontagne, avocat des syndicalistes, qui suit assidûment les procédures et qui fournit aux avocats de la Couronne des renseignements qui servent contre la défense, se fait interdire par le juge de prendre part aux procédures malgré les objections de la Couronne, qui soutient avoir le droit de puiser ses renseignements là où elle le veut. Le juge St-Julien ne veut rien entendre. Le 23 février, l'avocat de la Couronne, qui doit se rendre à Montréal, charge son adjoint de demander un ajournement au lundi 25 février, ce qui, en temps normal, n’est qu’une formalité généralement accordée. Le juge St-Julien refuse l'ajournement et rend son jugement sur le banc, exonérant totalement Alex MacLaren, Cummings et Kiernan. En apprenant la nouvelle, l'avocat de la Couronne déclare aux journaux qu'il va faire appel de ce jugement. Mais il se ravise dans les heures qui suivent. Le 26 février, Charles Lanctôt lui fait parvenir une dépêche qui se lit comme suit : "Ne faites pas demande d'appel à Cour du banc du roi. Re: Buckingham". C.A. Wilson obéit et le lendemain, dans une lettre à Charles Lanctôt, il lui explique qu'au moment précis où il recevait cette dépêche "les pièces de procédures étaient prêtes et sur le point d'être signifiées. Comme conséquence de votre dépêche, elles ne l'ont pas été" et de demander: "Quelles sont les intentions du Département au sujet de la cause des six autres?" Des instructions précises lui sont fournies par téléphone, dans la matinée du 28 février. La volonté politique de Lomer Gouin transparaît clairement. Il faut coûte que coûte exonérer le plus rapidement possible les MacLaren et leurs amis. Les choses ne tardent pas, puisque les détectives suivent l'exemple de leurs trois amis. Le 14 mars, ils sont acquittés de la même manière, devant le même magistrat.

Il n'en est pas de même cependant des syndicalistes et de leurs amis. Les pressions qui jouent en faveur des MacLaren auprès de Lomer Gouin jouent contre les syndicalistes. Il faut absolument qu'un certain nombre d'entre eux soient condamnés. Dans le cas d’Alex MacLaren et de ses amis, Charles Lanctôt intervient pour bloquer un "appel"; dans le cas des syndicalistes, il fait appel du jugement rendu par le juge F.-X. Talbot. Deux poids, deux mesures. Le 19 novembre 1907, Louis Landry, Colbert Bastien, Georges Robinson Croteau, Adélard Hamelin, Hilaire Charette et J.-B. Clément sont condamnés à deux mois de prison pour avoir participé à une émeute. Le docteur Alexandre Rodrigue et Cyrille Tourangeau sont, quant à eux, acquittés des accusations qui pesaient contre eux.

La liste noire

Il arrive qu'un employeur dresse une liste d'employés "militants" et indésirables dont il refuse systématiquement l'embauche. Il est rare par contre d'être confronté à une liste noire qui soit établie avec autant de soins et maintenue avec autant d'acharnement pour une aussi longue période qu'à la compagnie MacLaren.

Les dirigeants de la compagnie MacLaren décident d'établir une telle liste dès le 23 septembre 1906. Dans une lettre à ses contremaîtres, Albert MacLaren dit qu'il les avisera plus tard des hommes qui pourront être réembauchés. Sous la férule de Robert MacLaren Kenny, la MacLaren refuse même de donner du travail aux petits-fils d'ouvriers qui ont été mêlés aux troubles de 1906, et ce, jusqu'en 1943, année de la reconnaissance syndicale. Cette liste est alors officiellement mise au rancart à la suite de pressions du syndicat. La Electric Reduction Company, quant à elle, respecte les consignes données par la MacLaren au sujet de l'embauche, et, malgré ses luttes avec cette dernière, elle maintient, jusqu'en 1944, des politiques relativement paternalistes à l'endroit de ses employés.

Privés d'employeurs prêts à les embaucher, les unionistes de 1906 et ceux qui ont le malheur de les appuyer sont contraints en grand nombre de quitter Buckingham. C'est ce qu'affirme le rédacteur de la version française de la brochure publiée à l'occasion du centenaire de la paroisse Saint-Grégoire. Il s'agit vraisemblablement du curé Avila Bélanger. On soutient que la population est alors passée "de 4425 à un peu plus de 3 850 habitants".

PS : À noter que Alexandrine Landry, le premier enfant de Louis Landry est née et baptisée la veille des évènements, le 7 octobre 1906.

 

 

 

 

Dessin de la Une du journal La Patrie du 12 octobre 1906.

 

Articles du journal La Patrie de Montréal sur les évènements du 8 octobre 1906 à Buckingham.

Une photo de toutes les pages du journal La Patrie de 1879 à 1978 a été placée sur Internet par la Bibliothèque nationale du Québec. Journal quotidien, puis hebdomadaire, La Patrie a été durant cent ans l’un des journaux à grande diffusion du Québec. Ils sont disponibles au http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/patrie/. Ici je présente les pages où l'on écrit sur les évènements du 8 octobre 1906.

 

8 octobre 1906 page 3

9 octobre 1906 page 1            9 octobre 1906 page 12
10 octobre 1906 page 1
11 octobre 1906 page 1         11 octobre 1906 page 4
12 octobre 1906 page 1        12 octobre 1906 page 6

13 octobre 1906 page 24
15 octobre 1906 page 1         15 octobre 1906 page 4      15 octobre 1906 page 10
16 octobre 1906 page 1         16 octobre 1906 page 11

17 octobre 1906 page 1         17 octobre 1906 page 11

18 octobre 1906 page 1

19 octobre 1906 page 9         19 octobre 1906 page 12

20 octobre 1906 page 7         20 octobre 1906 page 20    20 octobre 1906 page 24

22 octobre 1906 page 1         22 octobre 1906 page 7

26 octobre 1906 page 1         26 octobre 1906 page 10

27 octobre 1906 page 8         27 octobre 1906 page 24

29 octobre 1906 page 1         29 octobre 1906 page 4      29 octobre 1906 page 11    29 octobre 1906 page 12

30 octobre 1906 page 1

31 octobre 1906 page 1         31 octobre 1906 page 8      31 octobre 1906 page 12

2 novembre 1906 page 1       2 novembre 1906 page 6     2 novembre 1906 page 9

19 février 1907 page 12

20 février 1907 page 1

21 février 1907 page 16

22 février 1907 page 9           22 février 1907 page 10

16 mars 1907 page 5             16 mars 1907 page 24

11 novembre 1907 page 11

19 novembre 1907 page 5

20 novembre 1907 page 1    20 novembre 1907 page 3    20 novembre 1907 page 4

21 novembre 1907 page 12

1907

8 au 19 novembre 1907.  Procès à Hull des six accusés.

 

19 novembre 1907. Les six accusés sont condamnés à deux mois de prison pour avoir participé à une émeute. (Georges Robinson Croteau, Jean-Baptiste Clément, Adélard Hamelin, Colbert Bastien, Louis Landry, et Hilaire Charette)

 

 

 

janvier 1908

Sortie de la prison de Hull des unionistes condamnés à deux mois de prison.

Louis Landry est le 2ième de la droite.

 

Publiée par Pierre Louis Lapointe dans son livre, La Vallée Assiégée, 2006, page 212.

Publié également par la Société d'histoire de Buckingham. http://www.histoiredebuckingham.com/

Gardien 1, Georges Robinson Croteau, Jean-Baptiste Clément, Adélard Hamelin, Colbert Bastien, Louis Landry, Gardien 2

Des 6 unionistes condamnésà 2 mois de prison il manque Hilaire Charette

 

25 janvier 1908. Banquet en l'honneur des participants aux évènements du 8 octobre 1906 à l'hôtel Alexandra.

 

1911

Recensement 1911 Document du fédéral. 1911_165-45ou39-page26_québec_Labelle_Buckingham_ville
Sur le site on indique sous-district 45 mais sur la feuille 39.

Lignes 21 à 29 ce sont des frères indiqués comme Instruction Chrétienne.

 

Lignes 30 à 32
Landry Louis mad mai 1861 50
Landry Calixte juillet 1885 26 religieux
Landry Alexina février 1888 23  organiste

C'est la famille Laure Daoust Landry

Laure Daoust

Calixte sera curé à Hammond en 1921.

Alexina est organiste à l'église. Voir photo plus bas.

lignes 33-38 Famille de Vincent Gravel.

 

Lignes 39 à 42
Landry Arthur mad octobre 1867
Landry Arthur fils décembre 1891
Landry Rosa fille juillet 1893
Landry Joseph fils mars 1895

C'est madame Arthur Landry soit Victoria Carrière, aucun lien de parenté avec les précédents.

Joseph Landry est celui qui a acheté la Résidence Landry de la rue MacLaren montrée sur la photo plus bas. Descendant de la lignée de Guillaume Landry.

 

 

 

 

 

 

Référence : http://www.collectionscanada.gc.ca

 

Vers 1911

Alexina Landry

 

Alexina Landry, soeur de Louis, organiste de l'église Saint-Grégoire-de-Naziance, entourée de la chorale de la paroisse.

Publiée par Pierre Louis Lapointe dans son livre, La Vallée Assiégée, 2006, page 176.

 

 


Deux bons livres sur le sujet.

Buckingham Ville Occupée de Pierre-Louis Lapointe, Les Éditions Asticou, Hull, 1983.
La Vallée Assiégée , Buckingham et la Basse-Lièvre sous les MacLaren, 1895-1945, Pierre-Louis Lapointe, Éditions Vents d'Ouest, Gatineau, 2006.


 

 

 

 

Résidence Landry, 140 rue Maclaren Est, Gatineau (Buckingham), Québec

 

Cette élégante résidence de style victorien fut construite en 1914 par Joachim Talbot, notaire de profession, qui y demeura plusieurs années. De 1942 à 1981 elle appartenait à Joseph Napoléon Landry et sa succession. Joseph Napoléon est un descendant de Guillaume Landry, les Landry de l'île d'Orléans. Il était tailleur de métier. Au début des année 1940 la mercerie J.N. Landry occupait le 503, avenue de Buckingham. Aujourd'hui, Landry J N Enrg est situé au 467 avenue de Buckingham, Gatineau (Buckingham) et est spécialisé en équipements et vêtements de sécurité.

 Photo Marcel W. Landry.

 

 

 

 

 

Au début des années 2000, il y a eu un gîte du passant, le Bourg-Joie avec son site Internet au http://pages.infinit.net/cocooner/mainpage.html qui a été remplacé depuis par un sympathique café terrasse. Café le Bourg Joie, un café biologique et équitable, joignable au 819-281-0960 ou au cafelebourg-joie@bellnet.ca sous la responsabilité de Suzanne et Henri Bourgeois.

 

Salle à dîner du Café Bourg-Joie. André Landry, Henri Bourgeois et Marcel W. Landry - 15 août 2007.

Photo Cécile Brousseau.

Source : André Landry, Coup de coeur du patrimoine gatinois, Ville de Gatineau, 2006 et Société d'histoire de Buckingham.

 

Information publiée sur le site de la Société d'histoire de Buckingham en août 2007 concernant le 140 rue Maclaren est.

Historique
En 1899, le lot appartenait à Catherine Ackert, 45 ans, veuve de Michael Fitzgerald. Catherine était la fille de Robert D. Ackert, commerçant et grand ami de l'abbé John Brady, fondateur de l'Académie de Buckingham. Ackert fut également membre du conseil d'administration de l'Académie. Quant à Michael Fitzgerald, il était sans doute le fils de John Fitzgerald, enseignant à cette même Académie. Le 5 avril 1899, le lot passa à la Corporation de la ville de Buckingham, sans doute pour taxes non payées. Il fut racheté en avril 1908 par Mary Ackert, 66 ans, soeur de Catherine et épouse de James McAndrew. Le même jour, Mme Ackert le revendit à Mary S. Fitzgerald (sa nièce?). Le 26 mai 1911, Anna St-Laurent, épouse de Joachim Talbot (avocat) acheta le lot. .Comme la maison date de 1914, c'est Talbot qui la fit sans doute construire. Le 16 septembre 1919, Jean-Charles Langlois, avocat et plus tard juge, en devint propriétaire. Puis, en 1921, ce fut au tour des Chevaliers de Colomb d'en faire l'acquisition. Ceux-ci y restèrent durant 16 ans, et ils louaient vraisemblablement une partie de la maison, car, en 1931, le nom de Émile Fortin apparaît comme locataire dans les rôles d'évaluation de la ville. En 1937, Claude Bertrand, 39 ans, acheta la propriété. À la même époque Peter MacLachlan, médecin, en était locataire. En 1942, la résidence passa aux mains de Joseph Landry qui l'habita presque 40 ans. Au cours des années 1990 Henri Bourgeois et Suzanne Thériault, fit l'acquisition de la résidence appartenant alors à la succession de Joseph Landry, propriétaire depuis 1978. Ils firent de la demeure un gîte ‚ Le Bourg-joie ‚ qu'ils exploitèrent jusqu'en2005. En cette même année Sami Chakie, propriétaire du café Moca Loca , dans le secteur Gatineau, acheta la résidence et transforma l'intérieur en un jolie café, qui porte également le nom de Moca Loca.

Chaîne de titres
Date de transaction / Propriétaire(s) / No. de l'acte de vente
? 1899 Catherine Ackert (Veuve de Michael Fitzgerald)
5 avril 1899 Corporation de la ville de Buckingham No. 3
18 avril 1908 Mary Ackert (épouse de James McAndrew) No. 14648
18 avril 1908 Mary S. Fitzgerald No. 14649
26 mai 1911 Anna St-Laurent (épouse de Joachin Talbot) No. 18845
16 septembre 1919 Jean-Charles Langlois et al. No. 32040
8 août 1921 Chevaliers de Colomb (par cession) No. 33935
17 décembre 1937 Claude Bertrand No. 50093
12 mars 1942 Joseph Landry No. 55107
15 décembre 1978 Succession de Joseph Landry No. 153849
janvier 1981 Marcel Mercier, Madone Guénette
septembre 1996 Henri Bourgeois et Suzanne Thériault
 

Société d'Histoire de Buckingham

379, Avenue de Buckingham
Gatineau (Québec) J8L 2G6
Tél : (819) 281-7111
soc_hist_buck@hotmail.com

 

 

Pierres tombales du Cimetière de Buckingham

 

 

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Dernière modification : lundi 27 octobre 2014