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Anselme Landry

1743 Grand-Pré - 1786 France - Sa généalogie

Déporté à Boulogne-sur-Mer en 1758

Extrait du livre L'affaire Boudrot de Daniel Brandily

 

Accompagné de Daniel Brandily (troisième de droite, ci-dessus), le groupe d'Acadiens s'est rendu aux Bas-Champs. Sur les bords de Rance, ils ont été accueillis par David Boixière, le maire de la commune, et de lointains cousins bretons. Sur la photo : à gauche, le drapeau acadien et à droite, celui des Cajuns, Acadiens de Louisiane. Richard Laurin de Novacadie Tours étant l’organisateur du voyage.

Source: © Le Télégramme

 

 

 

Texte extrait du livre : "l'Affaire BOUDROT, de Pleudihen à Dinan (l'histoire d'un héritage en 1805)".  Daniel Brandily 2017

Plusieurs descendants français des familles BOUDROT et MOYSE ont découvert cette belle histoire d’héritage.

LA 3 - Descendance partielle d'Honoré LANDRY et d'Hélène LEBLANC
 

1 - Anselme LANDRY x Marie Josèphe AUCOIN

Né vers 1743 en Acadie d'Honoré et d'Hélène LEBLANC, il épouse le 08/10/1764, à Boulogne Sur Mer, Marie AUCOIN (x au 4°). Puis, en 1766, ils quitteront Boulogne pour St Servan où ils arrivent le 1er juillet. Ils s'installent alors à Pleudihen, au village de la Gravelle où naîtront 6 enfants: Marie Marguerite en 1767, François Marie en 1769, Jean Marie en 1773, Joseph Pierre en 1773, Charles Marie en 1776 et Perrine Tersile en 1781. En 1787, alors qu'il est présumé mort après avoir embarqué sur les vaisseaux du Roi, sa femme, qui a 4 enfants, figure sur la liste des Acadiens qui sont dans l'impossibilité de pourvoir à leur subsistance.


Dans l'inventaire des dettes acadiennes de 1778, il doit 151 livres. On retrouve les mêmes créanciers de Pleudihen: Pierre VALOIR et Jean DURAND (blé, farine et pain), Jacques HUERE fournier, Guillaume PERDRIEL (beurre), Guillaume NOURY boucher, Jean FLAUD cordonnier, Malo BRIAND (bois à feu), Michelle MERIENNE (lard). Pour le loyer, il doit 16 livres à Mathurin DESVAUX.
 

1-1 - Marie Marguerite LANDRY x Michel GIROIRE

Née à Pleudihen en 1767, Marie Marguerite s'y marie en 1787 avec Michel GIROIRE. Elle restera à Pleudihen avec son mari, et y décèdera en 1827.


1-2 - François Marie LANDRY.
Né le 17/09/1769 à la Gravelle, il semble être resté quelques temps à Pleudihen. On le retrouve plusieurs fois comme témoin.
En octobre 1786, il est au mariage de Jean FLAUD et d'Olive ROUXEL à Pleudihen
En décembre 1787, il est le parrain de son neveu François GIROIRE, et présent en février 1789, à son décès.
En l'an 2, le 22 thermidor [09/08/1794], il est déclaré marin en mer avec Michel GIROIRE son beau-frère.
Sa signature en 10/1786 et en 1787
 

1-3 - Charles Marie LANDRY.
Né le 18/11/1776, il habite le village de la Gravelle, où il travaille comme marin. En 1791, il est le parrain de Michel GIROIRE et en 1792 de Jean PITRE.
Le registre de la marine des novices de 1793 précise qu'il est petit avec des cheveux blonds. Il est noté comme étant au service à Lorient en septembre 1793. Puis il revient à Pleudihen. Le 22 vendémiaire 4 [14/10/1795], il est cité comme témoin lors de l'enterrement de Jean PITRE, un enfant de 3 ans des Villes Morvues, puis le 26 brumaire de l'an 4 [17/11/1795], lors du mariage de Joseph DAIGLE, marin, avec Marie POILEVE qui est couturière à Pleudihen.


Mais quelques mois plus tard, Charles LANDRY va se retrouver au côté des chouans.
Le 26 prairial au matin [14/06/1796], il revient à la Gravelle, avec Pierre DUVAL(1) et Michel GIROIRE(2) en déclarant qu'ils avaient été entraînés tous les 3 par les chouans, et qu'ils allaient se rendre. Ils demandent à Marie GUILLOT de les héberger et de laver leur linge pour que le lendemain, ils puissent se présenter au commandant du cantonnement. Mais ils sont dénoncés et arrêtés le soir même puis emmenés à Dinan pour être jugés devant un tribunal militaire.

Le 10 messidor [28/06/1796], le maire est sollicité par Marguerite AUCOIN, la tante de Charles LANDRY, pour obtenir une attestation du conseil municipal de Pleudihen, déclarant qu'ils étaient revenus pour se rendre.


Le conseil municipal acceptera d'auditionner les témoins et déclarera à cette occasion "on ne peut refuser à un accusé mis en jugement tous les moyens qui peuvent servir à sa justification ou à l'atténuation de l'accusation".
 

Les 4 témoins de la Gravelle, présentés par ladite AUCOIN, confirmèrent ces faits devant les membres du conseil municipal présents: Marie GUYOT (28a, veuve de Julien LAFON), François BREGINAL (29a, gabarier), Jeanne BRIAUX (fille de Thomas, 19a) et Pierre BOUILLON (30a, batelier), ce qui lui permit d'obtenir une attestation de témoignages, qu'elle pourra présenter au jury militaire pour la défense des accusés.


Mais les démarches de Marguerite AUCOIN seront inutiles, car LANDRY et DUVAL seront condamnés à mort par la commission militaire quelques jours plus tard puis fusillés à Dinan (début juillet 1796), dans les douves de la porte St Malo. Le 3ème accusé ne sera, lui, condamné qu'à 4 mois de prison. Deux autres chouans dont on ne connait pas les noms, mais qui faisant partie de la même bande de Pleudihen, auraient, eux, été tués du côté de Dol.
 

D'autres chouans dont les dénommés LUCAS et CARRE dit "la Grenade" seront également fusillés en même temps à Dinan(3). Ce ne sont pas les seuls chouans qui seront fusillés à Dinan pendant l'état de siège(4) mais leur nombre est inconnu.

Aucun document de cette affaire n'ayant pu être retrouvé, il est impossible de connaître tous les motifs de l'accusation, et pourquoi le 3ème accusé n'a été condamné qu'à 4 mois de prison. Les décès n'ayant pas été enregistrés à Dinan(5), on ne connaît pas non plus la date exacte de l'exécution(6). Les seules informations trouvées sont issues de déclarations de témoins concernant d'autres procès de chouannerie à Pleudihen.


C'est ainsi que le 24 germinal an 6 [13/04/1798], lors du procès à Dinan de 4 Pleudihennais accusés de chouannerie(7) (Louis et René ROUXEL, Malo BRIAND et Jean NEEL), des témoins citent également Charles LANDRY et Pierre DUVAL comme ayant fait partie du groupe qui a commis des vols à Pleudihen et, entre autres, chez le meunier FREMONT au début de l'année 1796, le vendredi soir 30 pluviose de l'an 4 [19/02/1796], le lendemain de la foire du liège de Dinan.


Ces 4 personnes seront finalement libérées après de nombreux témoignages en leur faveur(8), dont une pétition de plus de 200 Pleudihennais(9) contre le meunier FREMONT l'un des accusateurs.
Les termes de la pétition témoignent de l'ambiance de l'époque:
Nous soussignés Républicains habitants de la commune, instruits et vivement touchés des malheurs que prépare à notre pays une poignée de factieux qui l'infeste, gens immoraux, ennemis implacables de la paix ………..
… qu'au milieu des orages qui ont troublé quelques temps notre horizon, le canton de Pleudihen a toujours conservé le calme de sa pureté, …………..
… que l'opinion publique a tracé une ligne de démarcation frappante entre les frères ROUXEL, BRIAND et NEEL, et ceux qui passent ici pour leurs délateurs, tel surtout le meunier FREMONT et sa famille, que ceux-ci dont la conduite politique est marquée par une exagération effrayante et dont l'immoralité est notoire, ont depuis longtemps perdu l'estime et la confiance de leurs concitoyens, ……….

 

Concernant LANDRY et DUVAL, leur procès a eu lieu devant un tribunal militaire(10), on peut donc penser qu'ils étaient accusés de faits plus graves(11), peut-être de complicité dans le meurtre de Mathurin ROBERT le meunier de Mordreuc qui fut assassiné 1 mois plus tôt par des chouans.
Signature de Charles en 11/1795 

1-4 - Perrine Tarsille LANDRY.
Née en 1781 à la Gravelle, c'est Pierre CLOUTIER, maître chirurgien à Pleudihen, qui sera son parrain. En 1795, elle est présente lors de la naissance de sa nièce Perrine GIROIRE. Quelques années plus tard, on la retrouve à la Banneville en Paramé où elle habite. En 1809, elle accouche d'un enfant qui sera prénommé Olivier Alexis.
 

Ledit Olivier, qui est marin, habite St Enogat (Dinard) lorsqu'il se marie en 1842 dans la commune voisine de St Lunaire avec Emelie TROCHON. Devenu veuf, il s'y remarie en 1859 avec Reine PAUVRET.
 

En 1861, Olivier LANDRY est cité comme témoin lors de la déclaration de naissance d'un enfant de François GILBERT et de Marie Rose GILBERT qui habitent aussi St Lunaire. La dite Marie Rose est la fille de Marie Rose BROSSARD, l'héritière du Sr De PONTHAYE et elle aussi descendante d'une famille acadienne.

 

Notes :

1 - Pierre DUVAL est originaire de St Hélen.
2 - Michel GIROIRE Acadien, beau-frère de Charles LANDRY, est parfois nommé JOUGUET, GIROUET, dans les témoignages.
3 - La guillotine, qui avait été installée sur la place du Champ par LE CARPENTIER, ne servira pas beaucoup semble-t-il, elle sera démontée en l'an VI [1798].
4 - L'état de siège sera levé quelques jours plus tard, à la fin du mois de juillet 1796 [12 thermidor IV] mais il y aura encore quelques exécutions de chouans dans les mois qui suivront.
5 - Il semble que quelques actes aient toutefois été notés dans les registres de décès, comme en 1793 celui d'Olivier GUILLOU. L'officier public note "lequel a été livré à l'exécuteur le 28/3 en la ville de Dinan par jugement du tribunal criminel à St Brieuc".
6 - Le registre de la marine n'en dit pas plus (Charles LANDRY était marin), il ne reprend également que la mention "condamné à Dinan par une commission militaire et fusillé".
7 - Contrairement à LANDRY et DUVAL condamnés par un tribunal militaire, c'est devant un tribunal criminel que sont convoqués les 4 inculpés.
8 - Ils avaient quand même été reconnus par plusieurs témoins dans la bande de chouans qui avait commis des vols chez plusieurs personnes (100 L chez Julienne GOURLAY à la Petite Touche, 3 mouchoirs chez Pierre LEGUEUX à Quincoubre, 90 F chez Jean BONHOMME à la Chapelle, 180 F et 2 bagues en argent chez Julienne RACLET à la Gravelle, 60 F chez Jean MESNAGE à Mordreuc, 90 F et 3 paires de bas et mouchoirs chez Marc NOURY à la Ville au Bel, 50 F chez François NOURY à la Ville Hue, 300 F chez René HULAUD).
Mais il semble qu'il y aura plusieurs faux témoignages à charge, ce qui n'échappera pas au président du tribunal après l'audition de tous les témoins, mais il n'y aura aucune poursuite pour faux témoignages.
9 - La pétition est signée par 215 personnes parmi lesquelles on trouve 10 PEPIN, 13 NOURY, 11 DESVAUX, 11 HULAUD, 10 BRIAND, 11 AMELINE, 7 POMMERET, 7 FERRARD, 3 SOUQUET, 3 LEMEE, 6 VALOIR, 4 MOUSSON, 3 FURET, 2 ROUXEL, …
Tous les villages de Pleudihen semblent représentés, y compris ceux les plus éloignés du bourg avec Guillaume PORTIER de St Piat (maintenant en Lanvallay). Les villages de Livet, la Ville es Pois et autres, (maintenant en La Vicomté) sont aussi représentés avec Jacques PITRE, Jean BETUEL, François BRANDILY, Pierre TRICHET, Jean CHEVALIER, …
10 - Quelques témoins sont connus pour avoir assisté à l'audience publique de la commission militaire. Il s'agit de Pierre BOUILLON batelier (30a), François BREGINAL laboureur (28a), Jeanne BRIAND lingère (19a), tous de la Gravelle. Julienne GOURLAY, la femme du meunier FREMONT et sa fille témoigneront pour le vol qu'elles subirent, de même que Jean MASSIN (43a) cultivateur de la Coquenais.
11 - A cette époque, la justice est expéditive et presque tous les chouans pris les armes à la main sont condamnés à mort et fusillés le jour même ou le lendemain du jugement si ce dernier a lieu le soir.
A titre de comparaison, pour une affaire de droit commun en 1798, Pierre PIEDEVACHE qui avait agressé Guillaume COCARD sur la route de Pleudihen à Dinan, et qui lui avait donné un coup de couteau, sera condamné à 40 jours de prison, aux dépens (29F), à des dommages et intérêts (72F) et à une amende (12F).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dernière modification : samedi 24 mars 2018