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Acadiens allemands ou Alsaciens

Un de ceux là, Jacques Schink ou Jacob Schinker

 

Plusieurs de nos ancêtres ayant un patronyme germanique descendent des soldats et mercenaires allemands qui ont été engagé tant par les Français que les Anglais lors des différents conflits. Lors de la conquête anglaise, il y a un groupe qui diverge de cette origine, qu'on a surnommé les Acadiens allemands. Ils sont en réalité des Alsaciens qui sont arrivés de France à Québec (1756-1760), en même temps que les Acadiens qui fuyaient l'Acadie de la déportation (1755-1763).

La France persécute avec acharnement depuis au moins 1745 les Alsaciens qui ont adopté la foi luthérienne. Ils sont souvent condamnés aux galères ou à la prison à vie. On leur offre depuis un certain temps, suite à une conversion au catholicisme, d'immigrer vers l'Amérique. Certains iront en Louisiane en 1755. Un grand nombre ira mourir en Guyane, suite à la difficulté d'adaptation au climat local. En avril 1758 dans le port de Dunkerque dans le département du Nord, 46 Alsaciens attendent leur départ pour la Nouvelle-France, même si la guerre fait déjà rage entre la France et l'Angleterre. L'Angleterre fait le siège devant Louisbourg qui capitulera le 26 juillet 1758.

 

Cliquer sur la carte pour la voir en pleine grandeur

Photo d'une carte GoogleMap. Haguenau en Alsace, 35 Km au nord de Strasbourg, patrie de Jacques Schink.

 

Les 46 Alsaciens seront répartis entre les deux frégates, la Valeur et la Mignonne, et trois navires de transport. La Valeur accueillera neuf Alsaciens, dont Jacob Schinker de Haguenau. La frégate la Valeur est armée de 20 canons, jauge 350 tonneaux et est commandée par le lieutenant et corsaire Jacques Kanon, originaire de Dunkerque. Le chargement se déroule depuis le 1er du mois et le 23 avril 1758 les cinq navires quittent le port de Dunkerque. En route les trois navires de transport seront capturés par la flotte anglaise. Les deux frégates réussissent à passer et entrent au port de Québec à la fin de juin 1758 avec à leurs bords18 immigrants Alsaciens.

 

Passagers Alsaciens sur la frégate Valeur :
-Marguerite Holstein et son fils Jacob Schinker
-Georges Boucher (Metzger en Alsaciens) et son épouse Thérèse Parcking
-Ève Marie Hirhart et son fils Jean Michel Chrespaght
-Jean Charles Alexandre
-Pierre Somme
-Salome Jung

 

Entre 1755 et 1759, plus de 600 Acadiens sont arrivés à Québec et au moins 450 y sont décédés, beaucoup dans une épidémie de petite vérole. La famine est au porte de la ville. Suite aux instructions qu'il a reçu, l'intendant François Bigot fait installer rapidement les Alsaciens sur des terres dans Bellechasse, dans la même région où furent installés de nombreuses familles acadiennes. Les nouveaux arrivants parlaient probablement leur langue alsacienne, proche de l'allemand, d'où leur surnom d'Acadiens allemands. Dès juillet 1758, Jacques Schinker se voit accorder une terre dans Bellechasse.

 

"CÔTE ST-JOSEPH (3e rang)
L'année 1758, le 4 juillet, l'arpenteur Plamondon chaîne les dernières terres du troisième rang de Livaudière au sud-est de la rivière Boyer, c'est-à-dire celles au sud-ouest de la terre de Marguerite Savary, en faveur de Joseph Lejeune, Michel Olery, Joseph Rap, Jacques Shinker (Schink) et Georges Boucher."


Jacob Shincker est né le 15 septembre 1736 à Haguenau, Bas-Rhin en Alsace à 35 Km au nord de Strasbourg, France. Il est le fils de Nicolas Shincker et Marguerite Holstein (1705-1780). Il est arrivé à Québec en provenance de Dunkerque, département du Nord, à bord du navire La Valeur avec sa mère. Sa mère décèdera le 9 juin 1780 à St-Charles de Bellechasse. On n'indique nulle part la présence de son père. Au mariage de Jacques où on indique que son père Nicolas est absent depuis de nombreuses années.

Au Québec on le voit jamais porter son nom de Jacob mais toujours Jacques. Probablement un ajustement au pays catholique car les noms bibliques étaient surtout portés par les protestants. Jacob, souvent abrégé en Jake devient facilement Jacques. Comme nom de famille on voit surtout Chinc ou Chinq, mais parfois Bhenque, Chaingue et beaucoup d'autres variétés.
Un 1er mariage avec Madeleine Vallière le 9 novembre 1761 à St-Charles de Bellechasse, d'où naîtront de nombreux enfants mais dont plusieurs décèdent en bas âge. À 77 ans un 2ième mariage avec Geneviève Hautbois le 10 janvier 1814 à St-Gervais de Bellechasse. Il est inhumé le 10 février 1818 à St-Gervais.

 

 

 

Registre du mariage de Jacques Schink et Madeleine Vallière

Le neuf novembre mil sept cent soixante un, après la publication de trois bans de mariage ...... entre Jacques Chinc fils de Nicola Chinc et de Marguerite Oulchetine de cette paroisse d'une part et de Magdelene Valliere fille d'Antoine et de défunte Marie Heber de cette paroisse d'autre part ..... en présence d'Antoine Valliere père de l'épouse, Pierre Valliere, Ignace Côté, Bonaventure Étoile parent et amis et de Marguerite Oulchetine mère de l'époux, le père étant absent depuis plusieurs années, de George Poucher (Boucher son compatriote Alsacien), Jean Côté parent et amis .....
Signé par Jean Côté et L. Sarault, prêtre

 

"TERRES CULTIVÉES EN 1782
Georges Boucher: 5 à 6 arpents de terre labourable.
Jacques Schink (Shinker): 6 arpents en culture, 114 en forêt. 1ère Cadie, 13ième terre au sud-ouest."

 

Sources

- Denyse Beaugrand-Champagne, La revue Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, vol. 55, no. 1, cahier 239, printemps 2004, page 41-61. (L'origine alsacienne de ses nouveaux immigrants est très bien documentée. Un travail de recherche exceptionnel)

- Les registres et répertoires paroissiaux de St-Charles et St-Gervais.

- Des Cadiens ..... aux Gervaisiens 1780-1980 St-Gervais, Imprimerie Le Guide. 1979
- Les Acadiens dans Bellechasse, Pierre-Maurice Hébert, Cahier d'Histoire No. 20, La Société historique de la Côte-du-Sud, La Pocatière, 1984.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dernière modification : samedi 20 février 2016