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Le Pembroke

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59 Landry sur le Pembroke.

 

Le Pembroke un senau (snow) de 42 tonneaux est à l'île aux Chèvres dans la rivière Dauphin en face d'Annapolis Royal (Port-Royal) le 4 décembre 1755. Deux cent trente-deux Acadiens sont embarqués pour être déporté en Caroline du Nord. Le Pembroke, avec un équipage de huit hommes, lève l'ancre le 8 décembre en compagnie d'autres vaisseaux transportant des Acadiens et une frégate comme escorte en direction de la Caroline du Nord.

Le mauvais temps sépare le Pembroke des autres vaisseaux. Un groupe d'Acadiens réussissent à maîtriser l'équipage de huit hommes et prennent le contrôle du navire. Ils dirigent le navire vers un territoire encore sous control français et arrivent à la rivière Saint-Jean le 8 janvier 1756. Les rescapés du Pembroke passent l'hiver de 1755-1756 au village de Sainte-Anne-des-Pays-Bas, maintenant Fredericton au Nouveau-Brunswick. Le 6 août 1756 Vaudreuil souligne que des familles acadiennes sont arrivées à Québec. Une lettre est signée par les "anciens habitants de Port Royal" et transmis à Henri Daudin ancien curé de Pisiguit dans laquelle est décrit leur mésaventure sur le Pembroke. Dans cette lettre on note la présence de
Denis Petitot dit Saint-Seine
Denis Petitot dit Saint-Seine, fils
Pierre Gourdeau
Charles Dugas
Joseph Guilbeau
La plupart réussiront à se rendent jusqu'à Québec.

Épidémie de picote ou petite variole à Québec de novembre 1757 au 1er mars 1758 va décimée ces Acadiens.


Delaney a proposé une liste des Acadiens sur ce bateau basée sur quatre critères
-les familles établies à Port-Royal
-la parenté entre les différentes familles
-présence à Port-Royal en 1755
-présence à Québec et dans certains cas en Gaspésie ou au nord du Nouveau-Brunswick dès 1756.

Selon Delaney, sur le Pembroke il y avait 232 personnes dont 33 hommes, 37 femmes, 70 garçon et 92 filles.

 

 

47 Landry et les proches alliés sur le Pembroke

Lien Nom Sexe Lieu de naisance Décédé Lieu du décès Père # Page Delaney Note
#25 Jean Baptiste dit Toc Landry M 1690 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse Avant 12 fév 1758   17 48 Note 2
#26 Marguerite Melanson F 1693 Acadie, Nouvelle-Écosse 12 fév 1758 Québec, QC 5351 48  
#51 Marie Josephte Landry F 21 avr 1718 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 5 fév 1758 Québec, QC 25 44  
#52 Joseph Raymond M 7 déc 1716 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 17 nov 1768 St-Joachim, Montmorency, QC 5253 44  
#53 Jean Baptiste Landry dit Croqs M 21 jun 1721 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 2 jun 1798 St-Joachim, Montmorency, QC 25 48  
#98 Marguerite Landry F 5 sep 1726 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 13 jan 1802 Québec, [Hôpital Général], QC 25 48  
#99 Brigitte Landry F 5 avr 1730 Port-Royal, (St-Jean-Baptiste), Acadie, Nouvelle-Écosse 15 fév 1758 Québec, QC 25 48  
#100 Charles Landry M 1733 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     25   Note 1
#32 Anne Marie Melanson F oct 1715 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 24 déc 1757 Québec, QC 5163 49  
#57 Marie Madeleine Landry F 7 nov 1735 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 8 nov 1785 Province de Québec 31 49  
#102 Joseph Landry M 24 mai 1738 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     31 49 Note 2
#59 Pierre Landry M 10 jul 1740 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 20 aoû 1820 Cap-St-Ignace, Montmagny, QC 31 49  
#103 Jean Baptiste Landry M 9 mai 1743 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     31 49 Note 2
#61 Anne Landry F 1744 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 26 fév 1803 Château-Richer, Montmorency, QC 31 49  
#37 Claude dit Le jeune Landry M 1690 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 11 jan 1758 Québec, QC 19 40  
#38 Marie Babineau F 1692 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 21 nov 1757 Québec, QC 5153 40  
#63 Claude Landry M 3 avr 1714 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 31 déc 1757 Québec, QC 37 30  
#64 Anne Béliveau F 20 mar 1723 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse Avant 30 nov 1757   5457 30 Note 2
#174 Marie Landry F 12 nov 1742 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     63   Note 2
#173 Jeanne Landry F 1743 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 3 jan 1758 Québec, QC 63 30  
#12007 Anne Landry F 1749 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 29 nov 1757 Québec, QC 63 30  
#175 Charles Landry M 10 fév 1751 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 3 jan 1758 Québec, QC 63 30  
#106 Brigitte Landry F 20 sep 1721 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 23 déc 1757 Québec, QC 37 40  
#107 François Landry M 4 aoû 1725 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 2 aoû 1773 Québec, QC 37 40  
#110 Jean Landry dit Bourget M 2 nov 1735 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 29 déc 1782 Charlesbourg, QC 37 40  
#39 Marguerite Landry F 1692 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     19 27 Note 2
#40 Denis Petitot dit Saint-Seine M 1688 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 30 jan 1758 Québec, QC 5681 27  
#41 Jean Baptiste Landry M 1693 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 23 déc 1757 Québec, QC 19 37  
#42 Anne Petitot dit Saint-Seine F 1696 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 15 mai 1759 Québec, QC 5681 37  
#65 Joseph Landry dit Fraule M 31 jan 1718 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 3 jun 1786 Maskinongé, Maskinongé, QC 41 38  
#66 Anne Raymond F 11 fév 1724 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 26 déc 1757 Québec, QC 5253 38  
#184 Anne Landry F 4 nov 1743 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     65 38 Note 2
#176 Joseph Landry dit Frot M 1744 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 9 jan 1819 Maskinongé, Maskinongé, QC 65 38  
#12009 Jean Landry M jan 1746 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     65 38 Note 2
#178 Madeleine Landry F 24 avr 1748 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 12 oct 1809 Sorel, Richelieu, QC 65 38  
#185 Marie Landry F 24 avr 1748 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     65 38 Note 2
#180 Marie Anne Landry F 5 mai 1750 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 22 nov 1820 Maskinongé, Maskinongé, QC 65 38  
#182 Marguerite Landry F 15 mai 1752 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 26 oct 1830 Louiseville, Maskinongé, QC 65 38  
#186 Charles Élisée Landry M 30 oct 1754 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     65 38 Note 2
#69 Pierre Landry dit Penot M 1723 Port-Toulouse, Acadie, Nouvelle-Écosse 5 mar 1804 Maskinongé, Maskinongé, QC 41 39  
#70 Euphrosine Doucet dit Maillard F 5 jan 1723 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse Avant 9 jul 1758   5823 39 Note 2
#7532 Joseph Landry dit Penot M 1752 Acadie, Nouvelle-Écosse 7 jun 1834 Maskinongé, Maskinongé, QC 69 39  
#12011 Pierre Landry M 1754 Acadie, Nouvelle-Écosse 8 jul 1758 Québec, QC 69 39  
#12008 Charles Landry M 1733 Port-Toulouse, Acadie, Nouvelle-Écosse 8 avr 1758 Québec, QC 41 37  
#111 Marie Josephte Landry F 17 aoû 1734 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     41 37 Note 2
#72 Marguerite Landry F 9 mar 1739 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 18 déc 1809 Maskinongé, Maskinongé, QC 41 37  
#112 Anne Landry F 1739 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 20 déc 1757 Québec, QC 41 37  
#49 Joseph Landry M 19 jun 1713 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 14 fév 1768 Deschambault, Portneuf, QC 19 45  
#50 Jeanne Robichaud F 13 oct 1713 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse Avant 1 fév 1762 Province de Québec 4725 45  
#150 Anne Landry F 28 jan 1736 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse     49 45 Note 2
#81 Euphrosine Landry F 31 jul 1739 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 21 fév 1809 Maria, Bonaventure, QC 49 45  
#87 Florent Landry M 1744 Acadie, Nouvelle-Écosse 24 fév 1778 Deschambault, Portneuf, QC 49 45  
#83 Claude Landry M 1745 Acadie, Nouvelle-Écosse 23 sep 1803 Carleton, Bonaventure, QC 49 45  
#85 Marguerite Rébecca Landry F 1 sep 1747 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 3 jul 1792 Batiscan, Champlain, QC 49 45  
#89 Théotiste Landry F 5 jan 1750 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 30 avr 1838 Bonaventure, Bonaventure, QC 49 45  
#91 Marie Landry F 2 sep 1752 Port-Royal, Acadie, Nouvelle-Écosse 16 avr 1813 Grondines, Portneuf, QC 49 45  
#93 Jean Landry M 1754 Acadie, Nouvelle-Écosse 16 mar 1813 Carleton, Bonaventure, QC 49   Note 1
                   
                   
                   

 

 

 

Possiblement sur le Pembroke

 
#4291 Pierre Landry Note 3, 4
#4292 Anne Aucoin Note 3
#3534 Marie Josephte Louise Landry Note 3
#12563 Abraham Landry Note 3
#1557 Jean Baptiste Landry Note 3

 

Notes

1. Non inscrit dans la liste de Delaney, mais probablement sur le Pembroke.

2. Inscrit dans la liste de Delaney sur le Pembroke, mais pas d'indication de présence au Québec.

3. Non inscrit dans la liste mais possiblement sur le Pembroke car Acadiens à Québec dès 1756. Cependant je ne sais pas si ils sont de Port-Royal.

4. On ne connaît pas les parents de ce Pierre.

 

 

Liste provenant de l'analyse présentée dans La reconstitution d’un rôle des Passagers du Pembroke, par Paul Delaney, Les Cahiers de la Société historique acadienne. vol. 35, nos. 1 & 2 (janv-Juin 2004).

Traduction anglaise de l'article disponible au http://acadian-home.org/PD-Pembroke.html et PDF des pages nominatives de l'article au http://www.acadian-home.org/Pembroke-list0003.PDF .

 

Autre références.

- Placide Gaudet, Bulletin des recherches historiques, 1908.

 

Article de Placide Gaudet sur le Pembroke en 1908

Bulletin des Recherches Historiques
Volume quatorzième            janvier 1908                 No. 1
Publié par Pierre-Georges Roy, Lévis

Placide Gaudet, Un épisode de l'expulsion des Acadiens, pages 41 à 54

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UN ÉPISODE DE L’EXPULSION DES ACADIENS

 

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Dans son Histoire de la paroisse de Sainte-Anne des Plaines, M. l’abbé G. Dugas, parlant de Charles Dugas, son trisaïeul, dit :

« Avant d’arriver au Canada, le père d’Alexandre Dugas avait été jeté sur un vaisseau avec d’autres familles acadiennes et dirigé vers Boston.  Le long du voyage, Dugas (Charles), Granger, Guilbault et Saint Cerre (sic pour Saint Sceine, aujourd’hui ortographié Sincennes) parvinrent à s’emparer de l’équipage et remirent à la voile pour gagner la rivière Saint-Jean, en Acadie.  Plus tard ils émigrèrent de là à Québec, emportant dans leur cœur, comme tous les Acadiens, une bonne dose de rancune contre l’Angleterre ».

Les mots entre parenthèse sont de moi. Il y avait à bord de ce vaisseau 32  familles acadiennes qui y avaient été embarquées le 4 décembre 1755, à Port-Royal, pour être emmenées en exil.

Le capitaine Abraham  Adams, commandant de la goëlette le Warren, écrivant d’Annapolis Royal, le 8 décembre 1755, au colonel John Winslow, alors à Halifax, dit : « A cinq heures, ce matin la flotte a fait voile de la rade par un bon vent. Nous avons embarqué 1664 personnes à bord de deux navires, trois senaus et un brigantin partis de l’Ile-aux-Chèvres sous le convoi du sloop de guerre le Baltimore.  Du nombre des habitants du haut de la rivière,environ 300 se sont sauvés dans les bois, et le reste a été expatrié à la grande mortification de quelques-uns de nos amis. »

C’est donc le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, que le six vaisseaux emportant plus des trois quarts de la population du Port Royal sortiront de la rade, les uns à destination de Boston, de la Caroline du Sud, les autres de New-York et du Connecticut.

Comme chacun le sait, c’est du mois d’octobre 1755           

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jusqu’à la fin de décembre de la même année, qu’a eu lieu la déportation des Acadiens de leurs paisibles foyers.  Sept mille de nos pères furent embarqués sur des navires et envoyés aux quatre vents du ciel, même en déduisant de ce nombre les quelques centaines qui échappèrent d’un ou deux de ces bâtiments.

            L’un des senaus envoyés à Port-Royal pour en transporter les habitants avait essuyé une grosse tempête avant d’arriver à l’ancienne capitale de l’Acadie.  Son grand mât fut cassé et Charles Belliveau, constructeur de navires et habile navigateur, fut forcé par les autorités anglaises d’Annapolis de remplacer sous le plus court délai ce mât par un neuf, ce qui fut fait. Lorsque Charles Belliveau en réclama le paiement le capitaine lui rit au nez, mais il changea bientôt de ton quand il vit le charpentier acadien s’apprêter à abattre le mât. Il lui remit aussitôt le prix convenu.

            Mais, ironie du sort, quelques semaines plus tard Charles Belliveau  fut embarqué à bord du même senau qui avait cassé son grand mât.

            On a vu que le sloop de guerre le Baltimore accompagnait le convoi sortie de la rade du Port Royal, le 8 décembre.  Il le suivit jusqu’à New-York, et en se séparant du dernier navire, celui à destination de la Caroline du Sud, le commandant du Baltimore dit au capitaine du bâtiment à bord duquel se trouvait Charles Belliveau, de bien prendre garde, car parmi ses prisonniers il y avait de bons marins.

            Cet avis ne fut pas écouté, et le capitaine comptant sur la bravoure de ses huit hommes d’équipages laissait, à tour de rôle, monter sur le pont une demi-douzaine d’Acadiens à la fois.

            Les semaines succédaient aux jours et cependant le senau continuait sa route.  Fatigués de ce long voyage les prisonniers, après s’être concertés, résolurent de s’emparer du bâtiment. Six des plus braves et des plus robustes furent désignés pour opérer cette capture.

 

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Lorsque ceux qu’on avait laissé sur le pont reçurent l’ordre de descendre à la cale, et qu’on cria à six autres de monter, les six forts à bras, à la tête desquels se trouvait Charles Belliveau, sautèrent sur le pont et en un tour de main une partie de l’équipage fut garottée, et comme l’écoutille était restée ouverte, cela permit à d’autres Acadiens d’aller au secours de ceux qui étaient aux prises avec les Anglais.

            Se voyant maître du senau Charles Belliveau en prit la barre.  Le bâtiment avait alors plein vent arrière et Belliveau fut aussitôt virer le navire vent de bout.  Le capitaine anglais lui cria qu’il allait faire casser le grand mât. « Tu as menti, puisque tu sais que c’est moi qui l’ai fait et qu’il est bon », lui répliqua Charles Belliveau.

            Le nouveau capitaine, quelques jours avant d’arriver à l’entrée de la rivière St-Jean, débarqua l’équipage anglais, et atteignit le port de St-Jean le 8 janvier 1756.

            Le récit de cette capture m’a été fait, au mois de janvier 1885, par un octogénaire acadien fort intelligent et doué d’une mémoire prodigieuse, feu François Joseph Belliveau, dont le grand-père, Pierre Belliveau dit Piau, était le frère de Charles Belliveau dont je viens de parler. Jean Belliveau, frère de Charles et de Pierre, fut un des premiers colons de la Baie Ste-Marie.

            Voici deux autres versions de cette prise.  La première a paru dans le Foyer domestique, au cours de l’année 1877, sous la rubrique de Notes sur Yamachiche, par l’abbé N. Caron. On y lit :

            « Le vaisseau qui portait les Acadiens dont nous parlons alla les déposer à Boston. Ils y demeurèrent deux ans, puis ils se rembarquèrent pour de nouvelles aventures. Ce second vaisseau devait les porter à la Martinique.  Cette déportation à la Martinique ne leur souriait  que peu. Lorsqu’ils furent en pleine mer, ils s’entendirent entre eux, et comme ils étaient en plus grand nombre, ils méditèrent un coup de main pour conquérir la liberté de choisir le lieu de leur exil.  Ils

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firent le capitaine prisonnier dans sa chambre et mirent aussi la main sur divers employés.  Un nommé Doucet se mit à la barre du vaisseau, les autres remplirent les fonctions de matelots, et l’on vogua sur le port de Québec »

            L’autre version est due à la plume de feu M.L.U. Fontaine, en son vivant avocat à Montréal; on la trouve à la page 471 de l’ouvrage de M.H.-J.-J.-B.Chouinard, Fête nationale des Canadiens français célébrée à Québec en 1880.

            Voici :

            « Parmi les Acadiens qui se sont établis en Bas-Canada, en suivant la route du St-Laurent, et de la Gaspésie, on aime à mentionner ces braves, qui s’emparèrent du vaisseau où ils étaient enfermés, pour être déportés. C’était l’élite des proscrits, par le cœur, la force et la valeur. Comme leurs cousins les Gaulois, ils ne craignaient qu’une chose : que le ciel tombât sur eux. « Où nous menez-vous, dit Louis Fontaine dit Beaulieu, au capitaine qui avait le commandement du vaisseau anglais? Dans une île déserte, répondit ce dernier, afin d’ëtre plus vite débarrassés de … comme vous… » Un superbe coup de poing, fut la réponse de Beaulieu. L’Anglais tomba à la renverse; ses gens vinrent à sa rescousse; on voulait se défendre, mais il était trop tard.  En moins de cinq minutes, tout l’équipage anglais fut terrassé, garrotté et mis en lieu sûr; puis, on se dirige sur Québec, sous la conduite de Louis Fontaine, connu de ses contemporains sous le nom de capitaine Beaulieu »

            Comme il a été fait par les Acadiens, plus d’une prise de navires anglais, à l’époque et dans les années qui suivirent l’expulsion, je ne conteste nullement à Louis Fontaine, dont j’aurai occasion de donner l’origine prochainement, ou à Doucet l’honneur d’un si bel acte de bravoure.

            Mais je maintiens que la capture qu’ils firent n’est

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pas la même que j’ai racontée plus haut et dont le héros est Charles Belliveau.

 

***

.           J’ai raconté tantôt comment s’est effectuée, en pleine mer, entre New-York et la Caroline du Sud, la capture d’un vaisseau parti de Port-Royal le 8 septembre 1755, emmenant en exil 32 familles acadiennes.  Ce navire fut ensuite ramené à l’entrée de la rivière St-Jean, où il arriva le 8 janvier 1756.

            Quatre documents de l’époque font mention de cette prise.  Citons d’abord un extrait d’une lettre de l’abbé Le Guerne, datée de Bélair ver Cocagne, le 10 mars 1756,

            Parlant de Boishébert qui avait son camp au Cap de Cocagne, l’abbé Le Guerne dit :

            « ……De nouveaux incidents l’ont rappelé incessamment à la rivière St-Jean.  Le 8 janvier (1756) il y est arrivé un petit navire chargé de 32 familles de Port Royal qui faisaient nombre de 225 personnes.  On les emmenait à Boston (c’est à la Caroline du Sud qu’il faut lire), mais s’étant écarté d’un gros bâtiment qui les convoyait, ils se rendirent maîtres du navire où il n’y avait que huit personnes d’équipage, et arrivèrent heureusement à la rivière St-Jean, où ils savaient trouver un refuge.

            « Cette prise fut suivie de près d’une autre dont nous regrettons le mauvais usage.  Les Sauvages en ont débarqué les meilleurs effets et ont conduit le bâtiment à la rivière St-Jean, mais il n’y restait plus qu’une petite quantité de lard et de rhum. Dix Sauvages surprirent de nuit une grosse goëlette dans le havre de l’Etang.  Cette prise était riche, elle contenait des effets, des provisions pour les officiers du Port Royal…….

            « Le 9 février (1756), un bâtiment anglais mouilla sous pavillon français dans le havre de la rivière St-Jean, et ayant aperçu deux bâtiments qui passaient

 

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par hasard. Il envoya quatre déserteurs français à terre qui feignirent qu’ils étaient suivis de plusieurs navires français, qu’ils venaient tous de Louisbourg pour prévenir l’anglais qu’on savait dans le dessein de s’établir bientôt dans la rivière St-Jean et qu’ils cherchaient un praticien (pilote) de l’endroit pour mouiller dans le fond du havre.  Des gens plus rusés auraient aperçu le danger qu’il y avait à s’engager.  Un de nos malheureux Acadiens donna directement dans le piège, tout visible qu’il était.

            « Sitôt qu’il fut à bord, l’Anglais mit son pavillon et l’arma d’un coup de canon.  Les familles du Port Royal dont j’ai déjà fait mention étaient cabannées au voisinage, on les a fait passer dernièrement au haut de la rivière, et ayant accouru au bruit, ils s’aperçurent que l’Anglais s’approchait pour enlever le bâtiment où ils s’étaient sauvés.  Sans perdre de temps, ils en débarquèrent quelques pierriers et les ayant placés avantageusement et apporté toutes les armes qu’ils pouvaient avoir ailleurs, ils firent un tel feu sur l’Anglais qu’il fut contraint de se sauver comme il était venu.  Ce bâtiment venait en apparence de Port-Royal pour chercher des nouvelles.  Tous ces évènements demandaient la présence de M. de Boihébert.  Il est donc parti de Cocagne le 15 février (1756), laissant à sa place M. de Grandpré de Niverville, son second, avec un nombre de Sauvages pour continuer à harceler l’ennemi et pour y favoriser l’évasion des habitants (sur l’Ile St-Jean) »

            A présent, voyons ce que dit M. de Vaudreuil, gouverneur du Canada, dans une lettre au ministre, en date du 1er juin 1756 :

            Le 8 février (l’abbé LeGuerne dit le 9) un bâtiment anglais vint dans le bas de la rivière St-Jean.  Il fit des signaux français et envoya sa chaloupe à terre pour demander un pilote, disant qu’il venait de Louisbourg chargé de vivres.  Un acadien eut la légèreté

 

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d’aller à son bord, mais il n’y fut pas plus tôt que le capitaine fit hisser son pavillon et it une décharge de son artillerie sur les Acadiens qui étaient à terre, après quoi il se rendit dans le havre. Mais les Acadiens s’embusquèrent et fient un feu si vif de leur mousqueterie qu’ils l’obligèrent à s’en retourner à Port Royal.

            « Les Anglais ayant pris et fait embarquer de force à Port Royal 36 familles acadiennes (32, dit l’abbé LeGuerne) faisant nombre de 226 personnes dans un bâtiment portugais, pour aller à la Caroline (l’abbé LeGuerne dit à Boston, mais il se trompe évidemment), ces Acadiens se révoltèrent, et s’étant rendus maîtres du bâtiment, le ramenèrent à la rivière St-Jean le 12 février. (Vaudreuil est certainement dans l’erreur, car c’est le 8 janvier qu’il faut lire).  M. de Boishébert n’a pu éviter de le faire brûler parce que le vaisseau anglais qui l’escortait n’était pas éloigné et qu’on craignait qu’il le prit. »

            Vaudreuil se trompe de nouveau.  Le senau pris par les familles de Port-Royal et ramené au havre de St-Jean ne fut pas brûlé par les ordres de Boishébert, puisque celui-ci était alors au Cap de Cocagne.  Ce sont les Acadiens eux-mêmes qui le brûlèrent, nous apprend Lawrence dans une lettre datée de Halifax le 18 février 1756, au gouverneur Shirley.  Voici ce que raconte l’auteur de l’expulsion à son compère de Boston :

            « J’ai envoyé récemment un parti de Rangers dans une goélette à la rivière St-Jean.  Comme les hommes étaient habillés en soldats français et que la goélette portait le pavillon de France, j’espérais par cette déception non seulement découvrir ce qui se passait là, mais encore prendre et amener ici quelques Sauvages de la rivière St-Jean.  L’officier commandant y trouva un navire anglais, un de nos bâtiments qui était parti d’Annapolis Royal chargé d’habitants français à destination du continent.  Mais les habitants s’étant emparés du capitaine et de l’équipage l’avaient ramené dans ce

 

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port.  Nos gens l’auraient repris si par accident ils ne s’étaient faits sitôt connaître.  Les Français ont alors mis le feu au navire.  Nos hommes ont ramené avec eux un Français (Acadien) qui dit n’y avoir pas eu de Sauvages depuis quelque temps.  Il nous apprend que quelques uns sont avec de Boishébert à Gédaique (sic pour Cocagne) et le reste est à l’assimaquadie.  Il nous dit aussi qu’un officier français et environ une vingtaine d’hommes sont à 23 milles en haut de la rivière, à un endroit appelé Ste-Anne. »

            Comme Ste-Anne se nomme aujourd’hui Fredericton, et que de la ville de St-Jean à la capitale du Nouveau-Brunswick la distance est de 85 milles, il est évident que Lawrence a été induit en erreur par son prisonnier acadien.

            Qu’est devenu ce captif? Quel est son nom? Mystère.  La tradition dit que c’est Charles Belliveau, le héros qui s’était emparé avec ses compagnons du senau qui les transportait à la Caroline du Sud.  C’est possible, mais j’en ai des doutes fort sérieux.

            Quoi qu’il en soit, Charles Belliveau, dont il est question ici, naquit à Port-Royal ers 1696, de l’union de Jean Belliveau, le jeune, et de Marie-Madeleine Melanson.  Le 3 novembre 1717, il épousa, à la Grand-Prée, Marguerite Granger, née en 1699, fille de René Granger et de Marguerite Therriot, avec dispense du quatrième degré de consanguinité.  Sa femme est décédée à Port-Royal le 1er mai 1750.

            Voici les enfants issus de ce mariage :

            Marguerite, née le 9 novembre 1718 à Port-Royal, où elle fut inhumée le 17 février 1724.

            Marie-Joseph, née le 26 janvier 1721; mariée le 1er mars 1745, à Port-Royal, à Pierre Pellerin, fils de Bernard et de Marguerite Gaudet. Pierre Pellerin, devenu veuf, épousa, en octobre 1762, Cécile Boudreau, veuve de Jean Bte Pitre, et fut inhumé à St-Grégoire de Nicolet, le 27 avril 1809.

 

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            Anne, née le 20 mars 1723; mariée  le 6 février 1742, à Claude Landry, fils de Claude et de Marie Babineau.

            Madeleine, née le 14 juin 1725.  Je trouve une Madeleine Belliveau mariée à Pierre Loiseau, mais je ne saurais dire si c’est la même.

            Anonyme, né le 26 avril 1727, et inhumé le lendemain.

            Marguerite, née le 15 novembre 1729.  C’est peut-être la femme de Louis Doucet.

            Charles (surnommé Chaillot), né le 12 octobre 1731; marié le 20 janvier 1755, à Osite Dugas, née le 19 décembre 1784, fille de Claude Dugas et de Marie-Joseph Melanson.  Cette Osite Dugas est dédédée à St-Jacques de l’Achigan, près de Montréal, le 20 janvier 1820. C’est la sœur de Daniel Dugas, né à Boston le 6 octobre 1760, marié à L’Assomption, P .Q . le 13 août 1782, à Marie-Louise Vaillant, et décédé à St-Jacques de l’Achigan le 4 juin 1838.  Ce Daniel est le bisaïeul du Révd. M.A.C. Dugas, curé de St-Clet.  Je serais très reconnaissant à celui qui aurait l’amabilité de me donner la nomenclature des enfants de Chaillot Belliveau et d’Osite Dugas.

            Pierre, né le 16 mai 1734. On le trouve, un an ou deux après l’expulsion, dans le voisinage du Coude (aujourd’hui Moncton), d’où, avec quatre braves compagnons, il se rendit à Tintamarre (Sackville) et s’empara de la goëlette que possédait son père à Port-Royal.  J’ai raconté cet épisode de notre histoire, dans les colonnes du Moniteur Acadien, en février 1892. A l’automne de 1765 ou au commencement de l’année 1766, Pierre Belliveau épousa civilement, faute de prêtre au pays, Anne Girouard, fille de Joseph et d’Anne Doucet.  Ce mariage fut ratifié à Pigiguit (Windsor) le 29 août 1768, par l’abbé Bailly.  Le 12 juillet de la même année, et au même lieu, l’abbé Bailly baptisa sous condition, Pierre Germain, né le 8 décem-

 

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bre 1766, de l’union de Pierre Belliveau et d’Anne Girouard.  Ce premier garçon est mort adolescent.

            Pierre Belliveau est mort à Memramcook le 16 février 1820, et fut inhumé par l’abbé Isidore Poirier, le même qui fut plus tard curé  de Ste-Anne des Plaines.

            Anne Girouard, veuve de Pierre Belliveau, est morte au même lieu, le 5 avril 1823. âgée d’environ 74 ans, par conséquent née vers 1749. Elle était donc 15 ans plus jeune que son mari, et s’est mariée à 17 ans.

            De ce mariage sont issus sept enfants. Je n’en mentionnerai que trois, savoir : Marie, la deuxième des filles, épousa Jean Bourque, de Menoudie. C’est la bisaïeule de M. l’abbé Philippe J. Belliveau, curé de la Grand’Digue.

            Jean, né en janvier 1779, et marié à Isabelle Gaudet. Il est le grand-père du Révd Père Philippe J. Belliveau (frère du 1er L.J. Belliveau de Shédiac), du 1er Sifroi Beliveau, de Baston, et le bisaïeul du Révd Père Philias F. Bourgeois.

            Laurent, marié à Isabelle Melanson, est le grand-père du Révd P. Hyppolite-D. Leblanc C.S.C., professeur de musique à l’Université du Collège St-Joseph.

            Charles Belliveau et Marguerite Granger eurent deux autres enfants, savoir : Cécile, née le 4 août 1737, et Modeste, née le 8 mai 1739. J’ignore ce qu’elles sont devenues.

 

***

 

            Il me reste un dernier document se rapportant à cet épisode. C’est une lettre datée de la rivière St-Jean, le 31 juillet 1756, et portant les signatures de Denis St-Sceine, Charles Dugal, Joseph Guilbaud, Pierre Gaudreau et Denis St-Sceine, fils, « au nom de tous les autres habitants à la rivière St-Jean. ».

            Ces « habitants » étaient les 32 familles de Port-Royal qui arrivèrent au port de St-Jean, le 8 janvier 1756, et dont il a été question plus haut.

 

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            C’est le Père LaBrosse, jésuite, qui leur servit de secrétaire.  La lettre est adressée à l’abbé Daudin, dernier curé de Port-Royal.  Mais il ne put la lire, car il était mort lorsqu’elle arriva en France.

            J’en détache le passage suivant :

            « Le reste des habitants (de Port-Royal) a été embarqué dans six navires le 4 décembre; cinq de ces navires ont fait voile vers les côtes de Boston et de la Caroline, les gens du Cap, les Boudrault, Charles Dugas et les Guilbault, deux familles des Granger qui étaient dans un de ces navires, se sont révoltés et sans aucune défense des Anglais, se sont rendus maître du navire et sont arrivés heureusement à la rivière St-Jean, d’où nous avons l’honneur de vous écrire présentement… Nous avons été attaqués par un corsaire anglais qui nous poursuivait dans notre fuite; nous l’avons contraint de se retirer après un petit choc, sans aucune perte de notre côté ».

            Par « les gens du Cap », il faut entendre Charles Belliveau, etc.

            En effet, c’est précisément au Cap de Port-Royal que se trouvait l’habitation de Charles Belliveau.  J’ai quelque part dans mes paperasses une liste donnant les noms des habitants de cet endroit, et je me rappelle très bien que celui de Charles Belliveau y est.

            J’ai fait connaître tantôt qui était Charles Belliveau, et quels furent ses descendants. Voici quelques renseignements sur la famille St-Sceine, dont il est question dans l’extrait de la lettre que je viens de citer.

            La tige de ce nom en Acadie fut un médecin nommé Denis Petitot dit St-Sceine, qui épousa à Port-Royal, en 1689, Marie Robichaud, née en 1672, fille d’Etienne et de Françoise Boudreau.

            Je ne connais que quatre enfants issus de ce mariage, savoir :

            Denis, né en 1690; marié à Port-Royal, le 23 avril

 

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1711, à Marguerite Landry, fille de Claude et de Marguerite Terriot.

            C’est le Denis St-Sceine dont le nom figure le premier parmi les signataires de la lettre à l’abbé Daudin. Il fut inhumé à Québec, le 31 janvier 1758 « ägé de 65 ans », dit le registre. C’est 68 qu’il faut lire.

            Marie, née en 1692; décédée, non mariée, à Port Royal, le 21 juillet 1746, âgée de 54 ans.

            Madeleine, mariée, à Port Royal, le 22 janvier 1714, à Jean Melanson, fils de Charles et de Marie Dugas.

            Charles Melanson, issu de ce mariage, le 19 janvier 1725, épousa à Port Royal, le 17 janvier 1746, Anne Breau, et presque tous les Melanson des comtés de Westmoreland et de Kent sont ses descendants.

            Jean, autre enfant issu de ce mariage, le 9 janvier 1728, épousa, à Port Royal, le 9 octobre 1753, Anne Landry, fille de Pierre et de Marguerite d’Entremont. On le trouve, avec sa femme, au printemps de 1767, à Cherbourg, où il travaille en ce port du métier de charpentier.  Il reçoit de l’Etat une pension de 200 livres (840), et sa femme qui était grabataire recevait 350 livres. (La livre française d’autrefois est le franc de nos jours, soit 20 centins).

            Denis, autre enfant, né le 28 avril 1733, faisait en Acadie le commerce de la pêche. Il est poitrinaire et très infirme et sa pension est de 150 livres.

            Madeleine, sœur des trois frères précédents, née le 24 septembre 1718, se maria le 23 janvier 1741, à Jean Granger, fils de Laurent et de Marie Bourg.  On la trouve également à Cherbourg, en 1767.  Elle est attaquée de différentes maladies et très infirme. Sa pension est de 150 livres.  Jean, son fils, âgé de 26 ans, né le 14 novembre 1741, est avec elle, et va à la pêche du poisson frais.  Il reçoit une pension de 200 livres.  Le 7 mai 1764, il a épousé à Cherbourg, Madeleine Mius d’Entremont, née à Pobomkou, en 1741, fille de Joseph et de Marie Joseph Molaison. La pension de la femme

 

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de Jean Granger est de 300 livres.  Jean Désiré Cyriaque Granger, né le 31 mai 1848, petit-fils de Jean et de Marie-Mius d’Entremont, a écrit de Cherbourg plusieurs lettres à mon vieil ami, M. Hilarion d’Entremont, de Pubnico, son parent.  C’est ce M. Granger qui a les armes de la famille d’Entremont.

            Marie Melanson, née le 1er septembre 1714, fille aînée de Jean Melanson et de Madeleine Petitot St-Sceine, épousa en 1732, Joseph Bergeron, du Village Ste-Anne,, à la rivière St-Jean. Il y a de ses descendants dans la province de Québec.

            Anne Melanson, sa sœur, baptisée à Port Royal, le 9 juin 1716, est à Cherbourg en 1767.  J’ignore quel fut son premier mari.  Mais en 1767 on la trouve remariée à Eustache Paré, natif de Louisbourg, âgé de 43 ans, et recevant une pension de 150 livres.  Le document d’où je tire ces renseignements sur les Acadiens à Cherbourg, en 1767, dit qu’il va à la pêche du poisson frais, et qu’il était mariée en première noces à Nastasie Bellefontaine, celle qui a été massacrée à la rivière St-Jean par les Anglais, avec trois de ses enfants.

            Pierre Paré dit Laforest, père d’Eustache ci-dessus, soldat à Port Royal, épousa au dit lieu, le 3 février 1707, Jeanne Dugas, fille de Claude et de Françoise Bourgeois.

            Marguerite Melanson, autre sœur des précédentes, née le 7 avril 1722, épousa, à Port-Royal, le 23 janvier 1741, Jean Belliveau, né le 3 novembre 1713, fils d’Antoine et de Marie Terriot.  Ce ménage fait baptiser à Port-Royal les enfants suivants : Joseph, né le 3 novembre 1741, marié à Bécancour le 5 janvier 1772, à Rosalie Richard, fille de Joseph et de Françoise Cormier, et fut inhumé à Nicolet le 26 septembre 1795. Charles, né 20 mai 1744; ,,,,,,,,,, 1746. Pierre, né le 25 mars 1748; Marguerite, née le 22 avril 1750; Jean, né en 1752(?); David, né en 1754(?); François, né à

 

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la Nouvelle-Angleterre en 1756 (?), marié à Nicolet le 5 février 1787 à Marie-Anne Poirier (Acadienne); Madeleine, mariée à Nicolet le 29 janvier 1787, à François Hély, et Marie « née dans le gouvernement de Boston, le 27 mars 1762 » fut baptisée à Québec le 4 juillet 1767.  Le sort de Pierre, né le 13 juin 1730, et d’Elizabeth, née le 10 septembre 1735, autres enfants de Jean Melanson et de Madeleine Saint-Sceine, m’est inconnu.

            Quant à Anne Saint-Sceine, la dernière des filles du chirurgien Denis St-Sceine et de Marie Robichaud, elle épousa, à Port-Royal, le 11 janvier 1717, Jean Landry, fils de Claude et de Marguerite Terriot.  Ce ménage fait baptiser le 29 mars 1718, un garçon, à Port-Royal, nommé Joseph, né le 31 janvier précédent, et émigre après cela, à Pobomkou, chez les d’Entremont.

                                   PLACIDE GAUDET

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Dernière modification : lundi 23 mars 2015